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Denier de l'Eglise du Cantal 2022

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La Minute Patrimoine
avec Pascale Moulier,
archiviste-bibliothécaire
du diocèse

Publié par Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie

Ce texte est extrait d'un article écrit par l'abbé Pierre Vivarès, curé de la paroisse Saint-Paul Saint-Louis du Marais à Paris, pour le compte d'Aleteia, suite à l'affaire de la messe féministe organisée dans une église parisienne début avril.
Notre objectif ici est plutôt de vous proposer une réflexion sur le sacerdoce. Pour ceux qui sont habitués à le lire et le suivre sur les réseaux sociaux, l'abbé Pierre Vivarès ne pratique pas la langue de buis.

La rédaction

C'est quoi un prêtre ?

[...] C'est une "bonniche". Un serviteur. Un esclave. Oui, vous ne voyez que le meilleur, l’homme dans ses jolis habits précieux dans une belle église qui parle avec assurance et qui préside une belle assemblée qui l’écoute avec piété. Oui, c’est ce que l’on voit, le dimanche à la messe, quand on y va.

Le reste du temps ? C’est une bonniche payée un salaire de misère pour un double temps plein qui ramasse le vomi sur les marches de son église, supporte les caprices de quelques bourgeois exigeants, accueille les miséreux et fait de la paperasse administrative pour que le bateau reste à flot. C’est un homme qui vit seul et dort seul, qui accepte l’incompréhension narquoise mêlée de suspicion de la part de ses semblables et qui crie dans le désert que Dieu nous aime. 

Le sacerdoce masculin est l’antitype de la masculinité nocive. C’est l’homme qui n’est pas homme, au sens violent et archaïque du terme, qui ne se sert ni de sa puissance sexuelle, ni de sa puissance physique, ni de sa puissance financière pour dominer l’autre. C’est l’homme qui révèle la masculinité dans ce qu’elle a de plus belle en détruisant les fausses images de la masculinité qui n’en sont que des perversions. 

La vraie virilité est un service

Certains prêtres, se rendant compte en fait de ce qu’est le sacerdoce, essayent de se récupérer en dominant, en dominant les corps (avec les drames que nous n’avons que trop vus), en dominant les esprits par de l’emprise spirituelle, en dominant un peuple par un autoritarisme hors de propos. Je me rappelle un jeune prêtre qui avait quitté le sacerdoce au bout de trois ans : alors que je lui demandais pourquoi il était parti, il me répondait : "Il n’y a pas de reconnaissance sociale dans ce métier." Pauvre garçon ! Il était devenu prêtre pour une reconnaissance sociale ? Que lui avait-on enseigné au séminaire ?

Il faut véritablement arrêter avec une formation des prêtres qui en font des "sachants" et donc des dominants avec cet intellectualisme orgueilleux qui court nos facultés, qui en font des dirigeants avec cet autoritarisme qui interdit de parole les laïcs, avec ce culte de la personnalité qui en fait des gourous. Arrêtons de présenter le sacerdoce comme un accomplissement : c’est un service à l’image du Christ serviteur, pauvre, célibataire et incompris qui a aussi pour mission de casser la fausse masculinité et c’est la raison pour laquelle il est masculin. Il a pour mission de révéler la vraie virilité qui n’est que service. 

Le sacerdoce n’est pas une fonction

Le sacerdoce est masculin parce qu’il est la réponse à la tentation de la violence masculine car il détruit dans son être même tout ce qui est contraire à cette fausse virilité. Les femmes n’ont pas de vocation particulière pour détruire les fausses images de la féminité. Les revendications féministes dans l’Église sont des revendications d’égalité fonctionnelle, or le sacerdoce n’est pas une fonction. Ce n’est pas étonnant dans une société où chacun n’est réduit qu’à sa fonction : malheur à celui qui n’a plus de "fonction" dans la société : l’enfant non désiré qui n’est pas dans un projet parental, la personne âgée en fin de vie, le pauvre qui n’est pas productif. 

Pourquoi n’y a-t-il plus de vocation sacerdotale ? Parce qu’aucun homme ne veut être configuré au Christ serviteur, être corvéable à merci. Les hommes l’ont bien compris, eux qui préfèrent devenir quelqu’un dans une puissance affective, économique ou sociale. Celles qui rêvent d’un sacerdoce féminin rêvent d’un pouvoir, pas d’un service, un pouvoir à l’image d’un sacerdoce qui a heureusement disparu et qui n’est plus qu’un fantasme ou la nostalgie de quelques-uns en manque d’accomplissement personnel.  

Abbé Pierre Vivarès
Curé de la paroisse Saint-Paul de Paris
Voir le texte complet sur Aleteia

Du même auteur :

L'abbé Pierre Vivarès, curé dans le Marais à Paris, témoigne sur son quotidien de prêtre. Implantée dans un quartier dit "mondain", son église est  aussi le refuge des laissés-pour-compte de la société. Un livre profondément humain et engagé.
"Mon église figure dans tous les guides touristiques. Chaque année, vingt-cinq millions de personnes passent devant cet édifice au cœur de l'histoire de France. Entre un Christ d'Eugène Delacroix et une Vierge de Germain Pilon, il m'arrive de célébrer les funérailles d'un metteur en scène, d'un ouvrier ou d'un grand patron. Des hommes de médias et des politiques m'invitent à dîner, intrigués par le curé que je suis... On peut me qualifier de prêtre mondain. Je l'assume : j'habite un quartier mondain et ces gens habitent sur ma paroisse. Mais il y a aussi tous ceux dont on ne parle jamais et dont on s'occupe beaucoup plus. Mon église est aussi celle du bout de la rue. J'y écoute les joies et les douleurs du monde. Entre nos murs, je reçois des gens à qui je ne sais pas toujours quoi répondre, j'accueille des rescapés des bombardements syriens, des homos blessés, des travailleurs fatigués, des couples désorientés. Je prie au petit matin, je célèbre, je répare les fuites d'eau, je cours après les fonds pour entretenir mon église... Je suis un curé ordinaire dont la source de la joie est d'être là où Dieu m'a mis."

Presse de la Renaissance, 2019 - 192 pages - 18,90 €

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