Publié par Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie

Ce samedi 16 avril, lors de la Veillée Pascale, Véronique, habitante de Roannes Saint-Mary, sur notre paroisse, va recevoir le sacrement du baptême à Aurillac en même temps que sa fille.

Certains l'ont déjà rencontré lors des deux "scrutins" qui ont eu lieu, un à Roannes Saint-Mary et un autre à Marcolès. D'autres ont appris à la connaître à travers ses premiers engagements au sein de notre paroisse (chorale). 

Nous reviendrons plus longuement avec elle dans les semaines à venir sur son cheminement et sur ce qu'elle va vivre dans quelques jours.

L'Eglise va accueillir à Pâques 4.278 nouveaux baptisés en France. Après un fléchissement lié à la pandémie de Covid-19, cela représente une hausse de près de 17% en un an du nombre d'adultes baptisés la nuit de Pâques.

Les trois-quarts des baptisés de cette année ont moins de 40 ans, et l’évolution la plus significative est l’augmentation de la part des 18-25 qui représente presque un tiers de catéchumènes (28%). Leur nombre est en augmentation de 30% sur un an. Les femmes représentent une large majorité des adultes qui demandent le baptême (plus de 60%). Elles sont aussi plus nombreuses (dans les mêmes proportions) à demander le sacrement de confirmation parmi les adultes ayant été baptisés petits.

Trois baptisés sur quatre ont moins de 40 ans

Plus de 50% des baptisés ont grandi dans des familles de tradition chrétienne. Ce chiffre reste relativement stable. Quelque 17% déclarent n’avoir eu aucune religion auparavant. Au niveau des milieux professionnels, la catégorie des ouvriers, techniciens, employés reste la plus représentée parmi les adultes qui demandent le baptême. La proportion d’étudiants augmente, en cohérence avec la progression de la tranche d’âge 18-25 ans.

Le chemin catéchuménal et ses rites

Le cheminement catéchuménal permet un apprentissage progressif de la vie chrétienne : faire l’expérience de l’amour de Dieu qui nous sauve et réclame notre amour. Dans ce cheminement, il y a d’abord une initiative de Dieu puis une réponse de l’homme. Et les rites qui y sont vécus se font l’écho du processus de croissance qui est en train de se réaliser.

Ce chemin peut être caractérisé par trois points :

- Le premier point est la rencontre du Christ de manière personnelle et communautaire (et la liturgie est particulièrement importante dans cette dimension communautaire). 

- Ensuite, deuxième point, il s’agit d'entrer dans un chemin de croissance qui est aussi un chemin de conversion et ce chemin de conversion, c’est aussi le chemin de toute la vie chrétienne. Il faut l’envisager comme un chemin de joie.

- Troisième point, ce chemin est progressif, il est respectueux de la personne, de ses rythmes et il est jalonné par des étapes, par des rites ; sur ce chemin, il y a quatre temps et trois étapes. On voit que le premier temps de l’évangélisation n’est pas précédé par une étape.

Parcourons ensemble chacun de ces quatre temps, en voyant, chaque fois, l’étape qui le jalonne.

1er temps : première évangélisation ou pré-catéchuménat

C'est la première annonce de la foi chrétienne. Trois points et trois verbes qualifient l'attitude de l'accompagnateur :

  • Accueillir, c’est-à-dire accueillir la personne telle qu’elle est, là où elle en est, avec sa demande. Il s’agit là de prendre le temps de la connaître, d’écouter sa vie. Je vous renvoie ici à la Joie de l’Évangile : avant d’annoncer la Bonne Nouvelle, il faut prendre le temps de rencontrer et d’écouter les personnes.
  • Ensuite, il s’agit de discerner quelle est sa demande. S’agit-il d’un désir d’entrer dans un chemin de conversion qui touche toutes les dimensions de la personne (vie sociale, familiale, études…) ?
  • Enfin, il s’agit d’aider la personne à mûrir librement et en conscience, une première décision, celle d’entrer en catéchuménat.

2ème temps : catéchuménat

Long temps d’apprentissage de la vie chrétienne qui se fait en s’appuyant sur les quatre piliers du catéchuménat :

- Enseigner le contenu de la foi chrétienne dans une catéchèse kérygmatique, c'est-à-dire centrée sur le mystère pascal.

- Encourager un agir chrétien. La conversion touche toutes les dimensions de la personne ; elle est aussi marquée par des temps de combat spirituel qui purifie le désir et fait grandir. La question de l'agir renvoie aussi à la question de la cohérence de la vie.

- Faire entrer dans une vie de prière.

- Faire découvrir, impliquer les catéchumènes de manière graduelle dans la communauté ecclésiale.

On rentre dans ce temps par la première étape, la célébration de l'entrée en catéchuménat.

3ème temps : purification et illumination

Dans ce temps, qui va coïncider avec le temps du carême, il s’agit d’une préparation plus intense. Le Rituel va même parler de retraite spirituelle, une retraite spirituelle de 40 jours que l’on vit avec la communauté chrétienne. Cette retraite a deux aspects particuliers : d’abord, susciter le désir d’être purifié. Il s’agit de susciter le désir d’être purifié du péché par le baptême. Comment cela se réalise-t-il ? Le Rituel note un élément important : il va parler d’une meilleure et sincère connaissance de ce que l’on est devant Dieu. Il s’agit d’apprendre à être en vérité devant Dieu, avec ses forces et ses faiblesses, ses moments de grâce et ses péchés, et de demander la grâce de Dieu. Deuxième aspect : faire croître le désir d’être illuminé. Il s’agit de faire croître le désir d’être illuminé par le baptême, c’est-à-dire de recevoir la lumière de la foi.

Une deuxième étape va l'introduire : la célébration de l'appel décisif et de l'inscription du nom. Le premier rite va être l’appel décisif de l’évêque. Il est important de noter que c’est l’évêque qui est responsable de l’appel décisif. La mise en œuvre répond aux recommandations de l’évêque. Un autre élément important : le rôle des parrains et marraines apparaît à ce moment-là. Ils témoignent du chemin de conversion parcouru par le catéchumène. Enfin, quel est le sens de l’inscription du nom ? Elle atteste d’une volonté explicite de recevoir les sacrements de l’Église.

D’autres rites ponctuent le temps de la purification : les scrutins, la tradition du Symbole de la foi et du Notre Père, que le Rituel dénomme les trésors de l'Eglise. Les scrutins sont faits pour purifier les cœurs et les intelligences, fortifier contre les tentations, convertir les intentions. Il y a une purification, une fortification. L’idée, c’est de convertir son désir de baptême, de le purifier. À propos de la tradition du Symbole de la foi et du Notre Père, il est intéressant de noter que, pour le Rituel, ils visent à l’illumination des futurs baptisés, à approfondir leur découverte de la foi.

4ème temps : la mystagogie

Il s’agit de poursuivre la route avec le Christ ressuscité, poursuite d’un chemin initié depuis le temps de la pré-évangélisation. Les notes pastorales et le Rituel mettent l’accent sur deux points : l’entrée dans l’intelligence du mystère vécu à Pâques (on voit apparaître ici la mystagogie) et l’insertion progressive, comme baptisé, dans la vie ecclésiale. On est appelé à être vigilants sur trois points : l’accueil chaleureux, le respect de la progressivité et de la liberté (de nombreux néophytes attestent qu’ils ont besoin parfois d’un temps après le baptême pour mûrir avant de s’engager ; ils faut les accompagner selon leur rythme ; pour eux, c’est une vraie découverte, même s’ils ont déjà vécu des célébrations de la parole) et l’aide au discernement de l’engagement, qui peut être social, caritatif, et plus largement de la vocation.

Ce temps s'inaugure avec la troisième étape : la célébration des sacrements de l'initiation chrétienne. Le Rituel insiste sur un certain nombre de moments. Le premier qui est proposé, c’est le dimanche de Pâques pour les néophytes. Là on voit l’importance de l’entrée dans l’intelligence du mystère pascal, vécu, en particulier, par l’écoute des lectures et la célébration de l’eucharistie. C’est aussi un moment de rencontre avec la communauté paroissiale. Deux autres moments sont proposés qui débordent le temps de la mystagogie, qui est identifié au temps pascal, et qui sont généralement situés dans l’année qui suit le baptême (qu’il est très important d’accompagner).

La première proposition est la rencontre avec l’évêque, pasteur de la communauté à laquelle appartient le nouveau baptisé, autour de l’eucharistie. Vivre le mystère pascal avec l’évêque.

La deuxième est la célébration du premier anniversaire du baptême. Il est important de noter que le chemin se poursuit.

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