Publié par Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie

"Nous avons vu son astre à l'Orient
et nous sommes venus lui rendre hommage"

(Mt 2,2)

 

C’est au Conseil des Églises du Moyen-Orient (CEMO), dont le siège se trouve à Beyrouth au Liban, qu’il a été demandé de choisir et d’élaborer le thème de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2022.

Les chrétiens du Moyen-Orient sont heureux de proposer ce thème pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, conscients que le monde partage une grande partie de leurs souffrances et de leurs difficultés et aspire à trouver la lumière qui leur montrera la voie vers le Sauveur, lui qui sait comment surmonter les ténèbres.

La pandémie mondiale de COVID-19, la crise économique qu’elle a générée, et l’échec des structures politiques, économiques et sociales à protéger les plus faibles et les plus vulnérables, ont fait ressortir que tous ont besoin d’une lumière qui brille dans les ténèbres. L’étoile qui resplendissait au Levant, au Moyen-Orient, il y a deux mille ans, nous invite encore à nous rendre auprès de la crèche, là où le Christ est né. Elle nous conduit vers le lieu où l’Esprit de Dieu est vivant et agit, vers la réalité de notre baptême et vers la conversion du cœur. 

Un besoin de bons dirigeants

Pour le CEMO, "notre monde a besoin de bons dirigeants et cherche constamment quelqu'un qui puisse répondre à cette attente". Un besoin d'autant plus grand qu'aujourd'hui, "une partie des habitants du Moyen-Orient est contrainte à l'exil car la justice et la droiture sont devenus des denrées rares, non seulement dans cette région mais dans le monde entier". Un peu plus loin, les auteurs insistent : "pris au piège de l'instabilité politique, d'une croissante culture de la cupidité et des abus de pouvoir de ce monde, les chrétiens, comme d'autres au Moyen-Orient, sont victimes de persécutions et se sentent mis en marge de la société, vivant dans la crainte de la violence et de l'injustice". "Pourtant, écrivent-ils, notre espérance demeure immuable, même si autour de nous des nations grondent et des royaumes sont ébranlés".

Et de rappeler que "les dirigeants, tant dans le monde que dans l’Église, ont la responsabilité de rassembler plutôt que de disperser ou diviser le peuple de Dieu". Cette responsabilité, les chrétiens la partagent car plus ils imiteront fidèlement le Christ serviteur, "plus les divisions dans le monde et dans l’Église seront surmontées. En oeuvrant en faveur de l’équité, de la justice et de la paix pour le bien de tous, nous témoignons humblement du roi berger et amenons d’autres êtres humains à vivre en sa présence".

Les chrétiens, estiment les auteurs des réflexions, sont invités à se mobiliser de manière constructive "afin que l’amour et la justice deviennent réalité dans le monde". Leur engagement n’aura que plus de «puissance» s’ils agissent ensemble. "Par nos paroles et nos actions, nous pouvons apporter la lumière de l’espérance à tant de personnes qui vivent encore dans les ténèbres de l’instabilité politique, de la pauvreté et des discriminations d’ordre structurel".

Un chemin pas toujours rectiligne

Si le Seigneur marche avec son peuple, "le chemin n'est pas toujours direct : tantôt, nous sommes amenés a revenir sur nos pas, tantôt à revenir par une autre route". Le chemin vers l'unité n'est quant à lui pas toujours "visible", et il est "hélas facile de perdre de vue le message fondamental des Ecritures".

En effet, "dans notre vision étroite, trop souvent nous ne percevons que nos désaccords confus, oubliant qu’un seul Seigneur a accordé à tous sa grâce salvatrice et que nous avons part à l’unique Esprit qui nous conduit à l’unité. Fréquemment rendus sourds par notre orgueil, nous obéissons à nos propres lois et traditions humaines et négligeons l’amour que nous sommes appelés à partager en tant que peuple justifié par le sang du Christ". Autre cause de désunion : "notre fixation aveugle sur les règles et les rituels, et notre intérêt pour les choses du monde". Or, soulignent les auteurs des réflexions de cette Semaine de prière, "le Seigneur désire que nos cœurs battent et aiment : des cœurs pleins d’amour pour lui et pour nos frères et sœurs en Christ dont nous sommes séparés ; des cœurs débardant d’actes de miséricorde ; des cœurs vraiment pénitents et désireux de changement".

"Un nouveau départ est toujours possible" estime le CEMO, "le passé des Églises peut être éclairant et nous regardons vers l’avenir en quête de nouvelles voies""Les chrétiens sont appelés à marcher ensemble et à devenir des compagnons de pèlerinage", conclue-t-il.

"Offrons même nos fatigues et nos souffrances pour l'unité des chrétiens", invite le pape François

Lors de l'Angélus du 16 janvier dernier, le Pape François, s'adressant à la foule rassemblée place Saint-Pierre pour la prière mariale, a évoqué le thème de cet événement en expliquant qu'il s'inspire "de l'expérience des mages venus de l'orient à Bethléem pour honorer le Roi Messie".

"Nous aussi chrétiens, a ajouté l'évêque de Rome, dans la diversité de nos confessions et de nos traditions, nous sommes pèlerins en chemin vers la pleine unité, et nous nous rapprochons du but en tenant le regard fixé sur Jésus, notre unique Seigneur".

Traditionnellement, le pape conclut cette Semaine de prière par des vêpres en la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs, pour la fête de la conversion de l'apôtre Paul.

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