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Denier de l'Eglise du Cantal 2021

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La Minute Patrimoine
avec Pascale Moulier,
archiviste du diocèse

Publié par Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie

 

La nouvelle traduction de la troisième édition typique du Missel romain a pour objectif de proposer, dès le premier dimanche de l'Avent 2021 (le 28 novembre prochain), une traduction plus exacte du texte en langue latine (paru en 2002). On a donc retraduit un certain nombre d'oraisons, de préfaces et de formules...

Extraits de l'Ordinaire de la messe, les exemples qui suivent peuvent paraître mineurs au premier regard. Ils montrent pourtant combien est décisif et combien doit être précis dans sa formulation le lien qui unit les paroles de la liturgie à la foi de l'Eglise.

 

Rites initiaux

Salutation. Le prêtre salue le peuple en utilisant l’une des trois formules proposées, dont la deuxième devient : “Que la grâce et la paix de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus, le Christ, soient toujours avec vous”.

Acte pénitentiel. Le prêtre invite les fidèles à l’acte pénitentiel en disant : “Frères et sœurs, préparons-nous à célébrer le mystère de l’eucharistie en reconnaissant que nous avons péché.”

Dans la première formule de l’Acte pénitentiel, le Confiteor, les fidèles sont invités à dire : “Je reconnais devant vous, frères et sœurs…” ainsi que : “C’est pourquoi je supplie la bienheureuse Vierge Marie, les anges et tous les saints et vous aussi, frères et sœurs, de prier pour moi le Seigneur notre Dieu”.

Dans la deuxième formule de l’Acte pénitentiel, on dira : “Prends pitié de nous, Seigneur. R/. Nous avons péché contre toi. – Montre-nous, Seigneur, ta miséricorde. R/. Et donne-nous ton salut”.

Dans la troisième formule de l’Acte pénitentiel, enfin, on dira :
“Seigneur Jésus, envoyé pour guérir les cœurs qui reviennent vers toi : Seigneur prends pitié.
R/. Seigneur, prends pitié.
Ô Christ, venu appeler les pécheurs : ô Christ, prends pitié. 
R/. Ô Christ, prends pitié.
Seigneur, qui sièges à la droite du Père où tu intercèdes pour nous : Seigneur, prends pitié. 
R/. Seigneur, prends pitié."

Gloria. On a traduit le mot latin “peccata” par “les péchés” et non plus par “le péché”, car ce sont les péchés personnels de chacun que le Christ a rachetés en mourant sur la croix.

Prière d’ouverture. Habituellement, la “collecte” se terminera ainsi : “Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur, qui vit et règne avec toi dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu, pour les siècles des siècles.”
- Si la prière s’adresse au Père, mais avec mention du Fils à la fin, on dira : “Lui qui vit et règne avec toi dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu, pour les siècles des siècles.”
- Si elle s’adresse au Fils : “Toi qui vis et règnes avec le Père dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu, pour les siècles des siècles.”

Liturgie de la Parole

Bénédiction du diacre par le prêtre. Le prêtre dit à voix basse : “Que le Seigneur soit dans votre cœur et sur vos lèvres pour que vous proclamiez dignement son Évangile : au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.” S’il n’y a pas de diacre, le prêtre, incliné devant l’autel, prie tout bas : “Purifie mon cœur et mes lèvres, Dieu tout-puissant, pour que j’annonce dignement ton saint Évangile.”

Symbole de Nicée-Constantinople. La traduction de “consubstantialem Patri” par “de même nature que le Père” est remplacée par “consubstantiel au Père”. Il faut ici bien comprendre le sens de deux mots. Substance = ce qui existe en soi ; Nature = ensemble des propriétés qui font la spécificité d’un être humain. Si deux êtres humains sont “de même nature”, ils ne sont pas pour autant “consubstantiels”. Dire que le Fils est “de même nature que le Père” ne caractérise en rien l’unité divine. En effet, nous croyons en un seul Dieu en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit, qui ont la même substance divine. Ainsi, plus que “de même nature” que le Père, le Fils est “consubstantiel” au Père, ce qui veut dire “de même substance que le Père”.

Liturgie Eucharistique

Préparation des dons. La nouvelle traduction du Missel romain met en valeur le double mouvement de ce qui s’appelait naguère l’offertoire : nous ne pourrons offrir à Dieu (“En faisant ici mémoire de la mort et de la résurrection de ton Fils, nous t’offrons, Seigneur, le Pain de la Vie et la Coupe du Salut”, dira le prêtre après l’anamnèse dans la prière eucharistique 2) que les dons préalablement reçus de lui.
D’où le nouveau texte qui accompagne la présentation du pain lors de la préparation des dons : “Tu es béni, Seigneur, Dieu de l’univers : nous avons reçu de ta bonté le pain que nous te présentons, fruit de la terre et du travail des hommes ; il deviendra pour nous le pain de la vie.”
D’où aussi le nouveau texte qui accompagne la présentation du vin : “Tu es béni, Seigneur, Dieu de l’univers : nous avons reçu de ta bonté le vin que nous te présentons, fruit de la vigne et du travail des hommes ; il deviendra pour nous le vin du Royaume éternel.”

Prière secrète du prêtre. Dans la prière que le prêtre dit à voix basse, après la préparation des dons, on précise : “Le cœur humble et contrit, nous te supplions, Seigneur, accueille-nous : que notre sacrifice, en ce jour, trouve grâce devant toi.”

Prière sur les offrandes. À la précédente formule d’invitation (“Prions ensemble, au moment d’offrir le sacrifice de toute l’Église…”), le Missel romain, dans sa nouvelle traduction, ajoute celle-ci qui met en valeur la distinction entre le sacerdoce ministériel du prêtre et le sacerdoce commun des fidèles : “Priez, frères et sœurs : que mon sacrifice, et le vôtre, soit agréable à Dieu le Père tout-puissant.”
Formule à laquelle le peuple répond : “Que le Seigneur reçoive de vos mains ce sacrifice à la louange et à la gloire de son nom, pour notre bien et celui de toute l’Église.”
Habituellement, la prière sur les offrandes se terminera ainsi : “Par le Christ, notre Seigneur. – Amen !”
- Si la prière sur les offrandes s’adresse au Père, mais avec mention du Fils à la fin : “Lui qui vit et règne pour les siècles des siècles. – Amen !”
- Et si elle s’adresse au Fils : “Toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles. – Amen !”

Prière eucharistique. Dans les préfaces, là où l’on traduisait : “Vraiment, il est juste et bon de te rendre gloire, de t’offrir notre action de grâce, toujours et en tout lieu, à toi, Père très saint, Dieu éternel et tout-puissant…”, on trouve maintenant : “Vraiment il est juste et bon, pour ta gloire et notre salut, de t’offrir notre action de grâce, toujours et en tout lieu, Seigneur, Père très saint…”

Dans la Prière eucharistique I (Canon romain), “ces offrandes saintes” (hæc dona, hæc munera, hæc sancta sacrificia illibata) sont traduites par : “ces dons, ces offrandes, sacrifice pur et saint…”
Dans cette Prière eucharistique (comme dans toutes les autres), “le pape” (Papa nostro) est traduit par “notre pape” ; l’expression latine “ab æterna damnatione” est traduite par “à la damnation éternelle” et non plus seulement par “à la damnation”.

Dans la prière eucharistique II, au memento des défunts, on traduit l’expression latine omnium defunctorum par “tous les défunts” au lieu de : “ceux qui ont quitté cette vie”.
De même, au lieu de “reçois-les dans ta lumière, auprès de toi”, on a désormais “accueille-les dans la lumière de ton visage.”

Dans la Prière eucharistique III, après le récit de l’Institution, la phrase “et daigne y reconnaître celui de ton Fils qui nous a rétablis dans ton alliance” est remplacée par “et daigne y reconnaître ton Fils qui, selon ta volonté, s’est offert en sacrifice pour nous réconcilier avec toi.”

Dans la Prière eucharistique IV, après le Sanctus, avant “Conçu de l’Esprit Saint”, on a ajouté “Dieu fait homme”. On a donc désormais : “Dieu fait homme, conçu de l’Esprit Saint.”

Anamnèse. La nouvelle traduction des trois anamnèses du Missel romain est plus fidèle au texte de l’édition typique en latin. Les pays francophones ont même obtenu une quatrième anamnèse.

1 – "Il est grand le mystère de la foi : Nous annonçons ta mort, Seigneur Jésus, nous proclamons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire."
2 – "Acclamons le mystère de la foi : Quand nous mangeons ce pain et buvons à cette Coupe, nous annonçons ta mort, Seigneur ressuscité, et nous attendons que tu viennes."
3 – "Proclamons le mystère de la foi : Gloire à toi qui étais mort, gloire à toi qui es vivant, notre sauveur et notre Dieu : Viens, Seigneur Jésus !"
4 – "Qu’il soit loué, le mystère de la foi : Sauveur du monde, sauve-nous ! Par ta croix et ta résurrection, tu nous as libérés."

Notre Père. La sixième demande “et ne nos indicas in tentationem” était traduite malencontreusement par “et ne nous soumets pas à la tentation”. La nouvelle traduction (entrée en vigueur le 3 décembre 2017 à la suite de la publication de la nouvelle traduction en français de la Bible liturgique), se veut plus fidèle à la Bonne Nouvelle du Seigneur : “Ne nous laisse pas entrer en tentation”.

Embolisme. En liturgie, l’embolisme est une prière qu’on intercale entre deux autres. Le mot est pratiquement réservé à la prière qui suit l’oraison dominicale : l’embolisme développe et amplifie la dernière demande du Notre Père. La nouvelle traduction du Missel romain met en exergue la vertu théologale de l’espérance : nous supplions le Seigneur de nous délivrer de toute sorte de mal et de nous protéger de toute épreuve en cette vie, nous qui attendons ici-bas que se réalise la “bienheureuse espérance”, c’est-à-dire l’avènement de Jésus Christ : “Délivre-nous de tout mal, Seigneur, et donne la paix à notre temps : soutenus par ta miséricorde, nous serons libérés de tout péché, à l’abri de toute épreuve, nous qui attendons que se réalise cette bienheureuse espérance : l’avènement de Jésus Christ, notre Sauveur.”

Agnus Dei. Dans le chant de la fraction, comme dans le Gloria, l’expression “le péché du monde” a été remplacé par “les péchés” au pluriel (peccata).

Invitation à la communion. La nouvelle traduction du Missel romain rétablit l’ordre des mots tel qu’il se présente dans l’édition typique en latin. Le “repas du Seigneur” auquel nous sommes conviés, ce sont les “noces de l’Agneau”, une formule qui s’inspire de l’Apocalypse : nous sommes invités à communier à l’Agneau immolé et donc à nous unir au Christ ressuscité, lui qui vit et règne dans la gloire du Ciel, où est célébré le Banquet éternel des Noces de l’Agneau : “Voici l’Agneau de Dieu, voici celui qui enlève les péchés du monde. Heureux les invités au repas des noces de l’Agneau !”

Prière après la communion. Habituellement, elle se terminera ainsi : “Par le Christ, notre Seigneur. – Amen !”
- Si elle s’adresse au Père, avec mention du Fils à la fin : “Lui qui vit et règne pour les siècles des siècles. – Amen !”
- Si elle s’adresse au Fils : “Toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles. – Amen !”

Rites conclusifs

Dans le rite de conclusion, la conjonction "et" a été introduite entre le Père et le Fils pour la bénédiction finale : "Que Dieu tout-puissant vous bénisse, le Père, et le Fils, et le Saint-Esprit."

Source : Prions en Eglise

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