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Publié par Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie

 

LIRE LES TEXTES DE LA MESSE
"Un seul coeur et une seule âme"
(Ac 4, 32-35)

Chers frères et soeurs,

On a l'habitude d'entendre les prêtres prêcher sur l'Evangile mais il peut aussi prêcher sur les autres lectures de la messe et même sur les différentes parties de la messe. J'ai décidé durant ce temps pascal de prêcher sur la première lecture qui durant tout le temps de Pâques est issue du livre des Actes des Apôtres écrit par saint Luc.

Le passage des Actes des Apôtres que nous avons entendu en première lecture fait le lien entre la foi et le partage. La foi n'est pas qu'une question spirituelle, elle rejoint aussi toutes les dimensions de notre vie jusqu'aux dimensions matérielles.

Saint Luc, nous dit que la première communauté de Jérusalem a depuis la Pentecôte beaucoup grandie et qu'elle doit donc s'organiser. Ce ne sont pas les questions matérielles qui sont premières mais le fait que cette communauté qui grandit très vite n'a qu'un seul coeur et une seule âme, cela revient à dire que chaque membre n'a qu'un seul et qu'une seule âme et c'est donc désigner la totalité de la personne. Cela me fait penser à la prière juive du Shéma Israël qui est le coeur de la spiritualité juive : "Ecoute, ô Israël, tu aimeras le Seigneur" (Dt 6, 4-5).

Cette unité spirituelle vient de la prédication des Apôtres, qui a pour coeur la résurrection de notre Seigneur Jésus Christ. Attention, leur prédication ne consiste pas à raconter un événement du passé mais d'annoncer que Jésus est vivant, cela est encore vrai aujourd'hui. L'Eglise annonce et célèbre le Christ ressuscité ! Le Christ vivant ! Celui que vous recevrez tout à l'heure en communion, c'est le Christ vivant, vous ne recevez pas un mort mais un vivant, un éternel vivant.

La grâce qui pousse cette première communauté chrétienne à tout mettre en commun vient de leur foi en Jésus ressuscité.

Le but de cette opération n'est pas un communisme avant l'heure comme on l'a parfois pensé dans les années soixante sous l'influence du marxisme alors très forte dans la société française et même dans l'Eglise. Le but de l'opération, c'est la disparation de la pauvreté. La première communauté chrétienne retrouve l'appel de la Torah. Le livre du Deutéronome dit en effet : "Il ne devrait pas y avoir de pauvre chez toi, car le Seigneur te bénira dans le pays que le Seigneur, ton Dieu, te donne comme patrimoine, afin que tu en prennes possession" (Dt 15, 4).

J'ai découvert cette petite histoire que je vous livre qui illustre bien ce que vivait la première communauté de Jérusalem : "Un sage interroge Dieu pour savoir ce qu'il doit faire et Dieu lui envoie une vision. Il voit un renard handicapé qui est nourri par un tigre. Ebloui par cet exemple, il décide de s'en remettre à la divine Providence. Comme le renard, il s'assoit et attend qu'un tigre vienne le nourrir. Au bout d'un mois, mourant de faim, il se tourne vers Dieu qui lui répond : Je ne t'ai pas donné cette vision pour que tu fasses comme le renard mais comme le tigre !".

Il ne s'agit donc pas d'un collectivisme forcé comme en ont connu les pays sous joug soviétique mais d'alimenter une caisse commune par la vente de biens pour venir ainsi en aide aux plus pauvres. Cette caisse, elle est gérée par les apôtres mais très vite ces derniers seront dépassés et confiront cette caisse aux diacres qu'ils vont instituer à cette fin. Tout le monde ne reçoit pas la même aide mais reçoit en fonction de ses besoins.

Le don de ces premiers chrétiens est une attitude spirituelle. Notre don au denier de l'Eglise, à la quête du dimanche, quand j'allume un cierge ou quand je fais un don à une association caritative chrétienne doit être fait comme si on faisait une prière. Je donne, Seigneur, pour qu'il n'y ait plus de pauvres, pour qu'il n'y ait plus de chrétiens persécutés, pour que les malades soient soulagés ou guéris, pour que l'Eglise puisse vivre et continuer à annoncer l'Evangile.

C'est pour cela que je trouve très heureux d'avoir choisi des saints de notre diocèse pour nous encourager à donner au denier de l'Eglise. En effet, aider l'Eglise du Cantal, c'est continuer l'oeuvre d'évangélisation commencer par saint Flour et saint Mary, c'est mettre ses pas dans ceux de saint Géraud d'Aurillac, qui rachetait les esclaves et libérait ses serfs. C'est faire comme sainte Fleur venir en aide aux malades ou comme sainte Catherine Jarrige aider l'Eglise à vivre et à supporter les difficiles de son temps.

Oui, c'est vraiment heureux d'avoir ainsi choisi des saints bien de chez-nous pour nous inciter au don et comme les premiers chrétiens faisons de notre don une attitude spirituelle de partage, faisons-en une prière. Et demandons au Christ ressuscité d'être un seul coeur et une seule âme dans la même foi afin que personne ne soit dans le besoin mais que chacun puisse avoir selon ses besoins.

Amen.

 

Abbé Thierry SELVES
Curé de la paroisse
Saint-Mary de Haute-Auvergne

 

 

Note de la rédaction :
Nous remercions chaleureusement tous les prêtres que nous sollicitons chaque semaine et qui nous autorisent à diffuser leur homélie, méditation ou commentaire des textes liturgiques dominicaux. L'abbé Thierry Selves est bien connu chez nous puisqu'il a été curé du secteur pastoral du Rouget et curé de la paroisse Notre-Dame en Châtaigneraie.

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