-----------------------------------

--------------------------------------

Publié par Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie

 

 

LIRE LES TEXTES DE LA MESSE
"Dieu a envoyé son Fils,
pour que, par lui le monde soit sauvé"

(Jn 3, 14-21)

 


Allumer le feu ! Allumer le feu ! Et voir grandir la flamme dans vos yeux...
Il suffira d'une étincelle, d'un peu d'amour, pour, Allumer le feu...

Chacun de nous est appelé à être cette étincelle qui allume le feu de l'amour de Dieu dans le coeur des Hommes.

Jésus nous dit dans l'évangile de Saint Luc (12, 49) : "C'est un feu que je suis venu allumer sur la terre, et comme je voudrais qu'il soit déjà allumé !"

L'incendie de Jésus dans le monde, c'est donc le feu de l'Esprit Saint gagnant de proche en proche, purifiant tout, embrasant tout, illuminant tous les hommes. C'est l'Esprit Saint allumant la foi dans le coeur des hommes grâce à la parole portée jusqu'au bout du monde par les témoins de Jésus.

"Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde mais pour que, par lui, le monde soit sauvé". Cette phrase résume la foi que nous avons à professer.

"Sauvé, mais sauvés de quoi ?" disait récemment un jeune en plein désarroi. Sauvés du chômage qui nous attend à la fin de nos études ? Sauvés du sida ? De l'esclavage ? De la drogue ? Sauvés de la pollution ? Des guerres ? Des épidémies ? De la pandémie ?...

Sauvés de quoi ? Mais de la mort. C'est ce qu'écrit l'Apôtre Saint Paul aux Ephésiens : "Nous qui étions morts par suite de nos fautes, Dieu nous a fait revivre avec le Christ". Certes - et les contemporains de Paul victimes des persécutions le savent bien - notre vie terrestre finira inéluctablement. Ce n'est pas de cette mort qu'il s'agit. En Christ, nous sommes délivrés d'un péril d'une autre nature, la rupture définitive avec Dieu. En Christ, nous sommes réconciliés avec Lui. La vie éternelle, ce n'est pas la vie après la mort. C'est, dès maintenant et pour toujours, la vie en amitié avec Dieu. Tel est le message de l'Evangile : "Dieu a tellement aimé le monde qu'il a donné son Fils unique. Ainsi tout homme qui croit en lui obtiendra la vie éternelle".

Croire que Dieu nous aime, croire que son amour est capable de triompher des forces du mal, des forces de mort, cela n'est pas évident. Nous avons nos heures de doute. Nos ancêtres dans la foi ont connu ces périodes de doute. Ainsi l'auteur du livre des Chroniques, pour fortifier la foi de ses contemporains, les invite à réfléchir sur le passé d'Israël. Dieu est fidèle à son alliance. Il va mettre fin à l'épreuve de l'exil. Israël va revivre.

Aujourd'hui, saint Jean nous invite à "regarder" la croix. Il fait allusion à un épisode encore plus ancien. Lors de l'Exode, la morsure mortelle de serpents venimeux faisait des ravages parmi le peuple qui envoya demander à Moïse de le délivrer du fléau ; Moïse fit ériger dans le désert un serpent d'airain : "Celui qui levait les yeux vers le serpent était sauvé, non par l'objet regardé, mais par le Seigneur" (Sag. 16, 7)

Il nous faut oser, nous aussi, regarder le Crucifié et l'adorer. Ce regard vers le Christ Sauveur est un regard de foi, un regard de confiance et d'amour. En nous tournant vers le Christ, nous accueillons la guérison et la vie. C'est là tout l'enjeu du Carême qui est un temps de conversion et de retour à Dieu. C'est important car trop souvent nous avons tendance à regarder ailleurs, vers ce qui nous tente et nous aveugle. Nous pensons y trouver le bonheur, mais le plus souvent c'est la déception et le vide. Il nous faut donc réentendre l'appel de Dieu : "Revenez à moi de tout votre coeur".

Pour nous remettre debout, nous avons mieux que l'édit d'un roi de Perse ou un serpent de bronze. Nous avons le Verbe de Dieu, le Christ. Dans son évangile aussi, saint Jean scrute les paroles et les actions du Christ pour y lire les signes de sa divinité. Il est bien le Sauveur, l'envoyé du Père, celui en qui nous pouvons espérer. A ceux qui l'ont reçu, dit saint Jean, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu.

Notre présence autour de cet autel où nous allons faire mémoire de la mort et de la résurrection du Christ manifeste que nous l'avons pris pour Maître et pour guide. En vérité, l'Apôtre Saint Paul nous en avertit, ce n'est pas nous qui l'avons choisi, c'est lui qui nous a choisis comme il a choisi ses premiers disciples au bord du lac. Nous n'avons pas à en tirer orgueil et il ne nous appartient pas de connaître les raisons de ce chois.

Par contre, il importe que nous en connaissions le but. Car Dieu a un plan d'amour pour le monde et, en nous appelant au Baptême, il nous a confié une mission. Saint Jean écrit : "Le disciple de Jésus vient à la lumière pour que ses oeuvres soient reconnues comme des oeuvres de Dieu". Il nous appartient d'être parmi nos frères un signe. C'est désormais la mission de l'Eglise. C'est la vocation de chaque baptisé. C'est notre Vocation.

Le chrétien est certes un homme comme les autres. Il n'échappe ni aux soucis, ni aux maladies du corps et du coeur, ni au trépas. Il n'est pas meilleur que les autres, ni plus généreux, ni plus courageux. Mais il regarde le Christ en croix et, par-delà le crucifié, il voit le ressuscité. Ce regard sur Jésus mort et ressuscité, en qui nous avons mis notre foi, nous transforme. Contemplant celui qui est le chemin, la vérité, la vie, nous devenons porteurs d'espérance pour nos frères.

Voilà pourquoi seul l'Esprit d'amour peut nous donner le désir et la force d'approcher la lumière qui fait sortir de la confusion entre le bien et le mal, la vérité et le mensonge. Alors ancrons-nous dans la contemplation de ce "Dieu qui a tant le monde". Ainsi, peut-être aurons-nous l'audace de nous lancer dans l'aventure de la vérité qui libère et permet de vivre en cohérence avec Celui qui est la Lumière des Hommes.

Apportons le feu au monde, en laissant Dieu nous embraser.

Amen.

Abbé Emmanuel LAPORTE
Curé de la paroisse Saint-Jacques Berthieu en Carladès
(diocèse de Saint-Flour)

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article