-----------------------------------

Denier de l'Eglise du Cantal 2021

 

Publié par Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie

 

 

 

LIRE LES TEXTES DE LA MESSE
"Détruisez ce sanctuaire,
et en trois jours je le relèverai"

(Jn 2, 13-25)

 

 

Le temple de Jérusalem est inséparable de l'histoire d'Israël, le peuple de la première Alliance. Au temps de Jésus, en plus d'être le sanctuaire, demeure de Dieu au milieu des siens, il était le cadre de bien d'autres activités liées essentiellement au culte. On y trouvait installés, dit l'Evangile, des marchands, des changeurs de monnaie et autres commerces. Tout ce qui permettait aux fidèles d'accomplir les rites dictés par la Loi et accompagner leurs prières par des offrandes. Mais comme toujours, ce qui doit normalement soutenir la dévotion des fidèles devient au fil du temps un obstacle à la ferveur religieuse. Et cela à un tel point que Jésus est amené à poser un geste prophétique qu'Il accompagne d'un enseignement nouveau sur le vrai temple de Dieu, son corps, dont l'Eglise sera un signe pour le monde.

S'il s'attaque aux marchands, c'est pour mieux dénoncer les dérives du culte rendu dans le temple. Dans le système que Jésus dénonce, les vrais marchands ne sont pas ceux qui vendent leurs produits mais ceux qui, dans le temple, veillent d'abord à leurs propres intérêts avant de servir Dieu. Dans un tel contexte on ne peut plus dire que le temple est la maison de Dieu puisque elle est envahie par les marchands. Dès lors, on ne peut plus dire que c'est au temple qu'est rendu à Dieu le vrai culte, puisque ce qu'on y célèbre est d'abord au service des prêtes et des lévites. Ceux dont la fonction est d'être, normalement, au service de Dieu et de sa demeure au milieu de son peuple. 

L'enseignement qui accompagne l'expulsion par Jésus des marchands du temple prépare ses disciples aux temps nouveaux qu'Il inaugure. Enseignement ainsi résumé dans l'Evangile : le nouveau temple c'est le corps de Jésus par qui et en qui est rendu à Dieu le vrai culte. L'expulsion des marchands du temple - commerçants et officiants - annonce le temple nouveau et celui par qui les hommes pourront rendre à Dieu le culte qui Lui est dû. Lorsque Saint-Jean écrit son Evangile, le temple de Jérusalem n'est plus que ruines. La tentation des baptisés venus du judaïsme pourrait être d'édifier des lieux de culte sur le modèle du temple ancien. Il était donc essentiel de garder comme référence les enseignements de Jésus. Ce que Saint Jean met par écrit, entre autres dans le passage de son Evangile que nous venons de lire : "Détruisez ce sanctuaire et en trois jours je le relèverai. Il parlait, précise Saint Jean, du sanctuaire de son corps. Aussi quand Il se réveilla d'entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu'Il avait dit cela ; ils crurent à l'Ecriture et à la parole que Jésus avait dite".

Bien sûr que les baptisés ont besoin de lieux pour se réunir et célébrer. Et ces lieux ont une fonction bien précise : rappeler à ceux qui se rassemblent au nom du Seigneur qu'il sont des pierres vivantes du corps du Christ. De même que les églises et chapelles sont signes des baptisés qui s'y rassemblent au nom du Seigneur, ainsi les assemblées d'Eglise sont signe de Jésus ressuscité présent aux hommes dans notre monde. Les édifices religieux et l'Eglise rendus visibles par les baptisés rassemblés rappellent au monde que Dieu n'a pas déserté son oeuvre. Sa demeure est parmi nous et en ceux qui l'accueillent. Souvenons-nous des paroles de Jésus : "Je suis avec vous jusqu'à la fin des temps" ou encore "Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis avec eux".

Nous méditons l'Evangile de ce jours alors que nous sommes parvenus à la troisième étape dominicale de notre marche vers Pâques. Or, voici que chemin faisant, l'Eglise nous invite à approfondir à la lumière de l'Evangile notre vocation de baptisés. Par la grâce du baptême, Jésus nous a unis à Lui. Il fait de nous les membres de son corps. Cette même grâce nous rend participants du triple ministère qu'Il exerce en notre faveur et pour le salut du monde. Membre du corps du Christ, le baptisé participe à sa dignité de prêtre, de prophète et de roi. Comme nous le rappelle la prière du célébrant qui accompagne l'onction avec le Saint-Chrême : "Désormais tu fais partie de son peuple, tu es membre du corps du Christ, et tu participes à sa dignité de prêtre, de prophète et de roi". Nous ne pouvons pas rappeler ce que la grâce du baptême a fait de nous sans nous demander si nous sommes fidèles aux dons reçus pour remplir la mission à laquelle le Seigneur nous associe. Membres du corps du Christ, nous sommes les pierres vivantes de son Eglise qui a reçu la mission de porter au monde la Bonne Nouvelle du salut de Dieu et la mission de servir le Seigneur en esprit et en vérité.

Afin d'être fidèles à cette mission qui est celle de toute l'Eglise, il nous faut chercher à progresser personnellement dans la connaissance et l'amour de Dieu. Le temps du Carême nous le rappelle. Il nous faut devenir des temples du Seigneur. C'est en chacun que Jésus veut demeurer pour nous unir au Père dans l'Esprit Saint. Notre vocation est de devenir des sanctuaires où le Seigneur aime demeurer. Des sanctuaires où est rendu à Dieu le culte qui lui plaît. Ce temps de Carême nous est donné pour coopérer avec Jésus à notre sanctification et ainsi nous montrer dignes de la grâce qui fait de nous les membres de son Corps.

Abbé Eurico Sampaio
Curé du secteur inter-paroissial
Lubersac - Arnac Pompadour
(Diocèse de Tulle)

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article