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Durant le Carême 2021,
retrouvez le commentaire
de l'Evangile du jour
par Mgr Bruno Grua,
évêque de Saint-Flour

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Denier de l'Eglise du Cantal

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Publié par Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie

C'est en ce jour même que nous entrons dans le temps du Carême, période de l’année liturgique où nous sommes davantage appelés à changer nos cœurs, à ajuster notre vie à l’Evangile, à redire à Dieu notre amour, à vivre plus fraternellement avec le prochain.

Vous pourriez dire : "Mais tout cela nous le vivons déjà ! En quoi, ces quarante jours vont-ils changer quelque chose à notre vie ?" En fait, ce n’est pas la quantité des choses faites qui font la qualité d’un bon carême, mais les dispositions intérieures qui viennent habiter nos actes, nos décisions, nos réflexions.

Se mettre en chemin de conversion, c’est réapprendre ce qui fait le cœur de notre foi, notre attachement à Dieu, au Christ, à l’Evangile, à l’Eglise. Un carême réussi, c’est celui où nous avons progressé dans l’amour de Dieu et du prochain.

Et pour cet apprentissage d’une vie plus juste, l’Evangile de ce jour, nous donne trois pistes à suivre de près : la pratique de l’aumône pour nous réapproprier notre relation avec nos frères, la pratique de la prière pour renouveler notre relation avec Dieu, la pratique du jeûne pour nous libérer des biens matériels.

La pratique de l’aumône, chacun le sait, consiste à être sensible aux nécessités vitales du prochain, et à faire un geste concret pour se délester de certains biens pécuniers. Un euro pour faire un heureux. L’aumône révèle les liens invisibles qui nous retiennent aux richesses matérielles et parfois rend manifeste cet égoïsme que nous pensions enfin éteint lorsque par exemple nous voyons soudainement des difficultés qui nous traversent pour donner simplement, gratuitement, généreusement. Donner pour donner tel n’est pas le but de l’aumône, mais donner pour se donner, pour dire au prochain que nous sommes présents à ses souffrances, dans une compassion pleine d’humanité. Son malheur devient en quelque sorte le nôtre en cette rencontre. Jésus est exigeant sur cette pratique, puisqu’il nous dit que la main gauche se doit d’ignorer ce que fait la main droite. C’est-à-dire, il ne s’agit pas de donner d’un côté pour reprendre de l’autre, ni de donner pour être approuvé de tous.
Le geste de l’aumône n’a pas d’autre éclairage que de révéler notre cœur ouvert aux besoins de nos frères. Le partage consiste à donner une dimension communautaire à sa vie : partage de son temps pour se connecter aux autres, peut-être aux personnes un peu oubliées, éloignées de diverses manières; partage de son argent, toujours dans le sens de la solidarité.

La pratique de la prière, là encore nous savons en quoi elle se traduit concrètement. Il s’agit de prendre du temps pour Dieu, de quitter nos responsabilités habituelles, ce temps pour nous et pour les autres, pour en faire un temps pour Dieu, exclusivement pour lui. La prière dit la primauté de Dieu, et que nous avons besoin de lui pour nous construire et nous ressourcer. La prière prend de multiples formes : louange, adoration, intercession, demande, action de grâce, offrande de soi,…, multiples formes en raison des événements qui nous traversent. En intensifiant durant notre Carême cette rencontre avec le Seigneur, et en nous plongeant régulièrement dans les textes bibliques qui sont sa Parole de vie, nous venons nous rappeler que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais aussi de cet amour qui vient de Dieu.
La prière est une école de vie qui vient nous dire que nous sommes ouverts sur l’invisible, sur la grâce, sur une Présence qui nous dépasse. Prier, c’est faire silence aussi, ce que l’Evangile de ce jour traduit par les mots "retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte" pour entendre ce que Dieu attend de toi, ce qu’il veut pour que ta vie devienne chemin du Royaume des cieux.

La pratique du jeûne est sans doute celle des trois qui a perdu de sa vitalité et de sa consistance dans notre vie chrétienne moderne. Combien de chrétiens jeûnent-ils encore au cours de l’année chrétienne ?  Jeûner, c’est bien sûr se priver d’une chose bonne et dans un but spirituel, en principe celui de prendre de la distance vis-à-vis de tout ce qui pourrait nous enfermer sur nous-mêmes. 
Depuis un an nous en faisons l'expérience : jeûne des gestes affectifs, des relations, des loisirs, bouleversements dans le travail et les études, impossibilité d'être près de nos aînés, de nos malades. Contraints au confinement et au couvre-feu, nous pouvons le vivre comme un vrai chemin spirituel en ce sens que nous pouvons creuser en nous cette soif de l'intériorité, donner davantage de place au silence. Les paroles fortes s'entendent mieux dans le silence. Les longues soirées à la maison, à l'appartement nous en donnent la possibilité. La prière peut surgir spontanément ou à partir de la lecture de la Parole de Dieu.

40 jours cela peut nous apparaître bien long si nous voyons ces jours de pénitence comme des privations négatives qui viennent ralentir notre appétit de vie. Mais si nous replaçons cette quarantaine dans l’optique du Mystère de Pâques, comme un chemin vers plus de lumière et de vie, alors ces quarante jours seront comme un tremplin dans notre vie spirituelle. Ils nous feront monter plus haut sur le sentier de la sainteté et de l’Amour. 

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