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Publié par Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie

Il est parfois utile de faire du tri dans sa photothèque. Elle nous permet de retrouver des photos qui en un seul instant nous renvoie quelques années en arrière et nous rappelle de doux et merveilleux souvenirs. La photo publiée à la fin de cet article a été prise en l'église Saint-Martin de Marcolès un soir d'été 2015 où notre paroisse recevait en camp une trentaine de jeunes d'une aumônerie paroissiale du diocèse de Grenoble et une trentaine de scouts d'Europe du diocèse de Paris. 

Ces camps avaient été initiés et accompagnés par la Pastorale des Jeunes de la Châtaigneraie de l'époque et quelques jeunes de notre paroisse avaient rejoint le groupe. C'est donc environ 75 jeunes qui se sont retrouvés pour adorer le Seigneur et rendre grâces pour toutes les merveilles que Dieu accompli chaque jour et qu'Il nous donne en partage. Un moment inoubliable pour les jeunes et les animateurs !

L'adoration une pratique désuète ou traditionaliste ?*

Les plus anciens se souviennent que le salut du Saint-Sacrement, après les vêpres, réunissait parfois autant de fidèles que la messe du matin. Après le Concile Vatican II, l’adoration eucharistique ne faisait plus guère partie des habitudes pastorales. Ces dernières années, elle a fait un retour dans les paroisses et les grands rassemblements et attire en particulier les jeunes.

Certains passent des heures, voire des nuits entières en présence du Saint Sacrement. Beaucoup de fidèles trouvent là force et réconfort. D'autres, au contraire, sont gênés par ces pratiques, qu'ils jugent trop affectives et trop démonstratives, ou propres aux "traditionalistes". Ou alors, ils disent "Mais pourquoi prier plus devant le Saint Sacrement que dans sa chambre ? Et la Parole de Dieu ?"

Une pratique très ancienne

Sonnerie de clochettes à la messe, élévation de l'hostie consacrée pour que tous puissent voir, génuflexion, toutes ces marques de vénération, sont nées au temps des cathédrales pour éduquer une foule vivante, turbulente, bruyante, très largement analphabète, plus attentive aux signes matériels et aux gestes que portés à la réflexion et à l'intériorité. C'est de cette époque aussi que date la pratique consistant à exposer dans un "ostensoir", après la fin de la messe, l'hostie consacrée - que l'on appelle Saint Sacrement - pour que tous les fidèles puissent la voir et la vénérer. A partir de là, les pratiques se multiplient : processions en dehors de l'église, à la Fête-Dieu, adoration après la messe...

L'adoration, expression de notre reconnaissance et de notre émerveillement

Jean-Paul II a souvent encouragé la mise en place de l’adoration en paroisse. Son pontificat s’ouvrait en 1980 par une lettre sur le mystère du culte de la sainte Eucharistie. Il y soulignait que le monde a un besoin urgent de l’adoration eucharistique: "Jésus nous attend dans ce sacrement de l’amour. Ne mesurons pas notre temps pour aller le rencontrer dans l’adoration, dans la contemplation pleine de foi pour réparer les grandes fautes et les grands défis du monde. Que notre adoration ne cesse jamais". Au terme de son pontificat, dans son encyclique "L’Eglise vit de l’Eucharistie", Jean-Paul II se livre à une profonde méditation sur la mission eucharistique de l’Eglise : "Comment ne pas ressentir le besoin renouvelé de demeurer longuement, en conversation spirituelle, en adoration silencieuse, en attitude d’amour devant le Christ présent dans le Saint-Sacrement ? Bien des fois, chers Frères et Soeurs, j’ai fait cette expérience et j’en ai reçu force, consolation et soutien !"

Adorer le Saint Sacrement, c'est reconnaître la présence réelle du Corps et du Sang du Christ dans le signe du pain et du vin consacrés : le Seigneur dans sa Parole ne dit-il pas "Je suis le pain vivant descendu du ciel, qui mange de ce pain vivra pour toujours", et aussi à la Cène "Ceci est mon corps livré pour vous, ceci est mon sang versé pour vous". L'adoration est l'expression de notre reconnaissance et de notre émerveillement de ce que le Christ a fait pour nous, notamment dans sa Passion. Désormais, Il est présent au milieu de nous tous les jours jusqu'à la fin des temps. Adorer, c'est donc se mettre en sa présence afin de laisser l'amour grandir en nous. Cette adoration se fait de diverses façons, dans la célébration de la messe, particulièrement au moment de la consécration et la communion, mais également dans l'exposition du Saint-Sacrement dans le prolongement de la célébration de la messe.

Nous savons que les saints n’ont jamais manqué de se retrouver au pied du tabernacle pour prier : "Notre Seigneur est au ciel. Il est aussi dans son tabernacle. Quel bonheur !" s’exclamait le saint curé d’Ars. Plus près de nous, mère Teresa donnait ce témoignage : "Notre règle ordonnait, jusqu’en 1973, une heure d’adoration par semaine devant le Saint-Sacrement… Nous avons beaucoup à faire vu que nos maisons pour les lépreux, les malades, les enfants abandonnés sont toujours au complet. Néanmoins, nous maintenons fidèlement notre heure quotidienne d’adoration. Eh bien ! depuis que nous avons introduit cette modification dans notre emploi du temps, notre amour pour Jésus est devenu plus intime, plus éclairé. Notre amour réciproque est plus compréhensif, il règne entre nous une entente plus affectueuse, nous aimons davantage nos pauvres et, chose encore plus surprenante, le nombre des vocations a doublé chez nous …"

L’adoration eucharistique n’est pas un "gadget spirituel", mais un chemin de renouvellement intérieur et personnel. Elle est "une force transformante" (Jean-Paul II - "L’Eglise vit de l’Eucharistie"). Elle transforme, convertit, évangélise, fortifie et vivifie la paroisse.

Adorer, écouter, le bon équilibre

Mais n'oublions pas que la messe comporte deux tables, deux piliers : la Parole de Dieu et l'Eucharistie, qui viennent nourrir en nous la vie divine. Attention à ne pas oublier que le Christ est aussi présent dans sa Parole et en chacun de nous lorsque nous communions. Certaines personnes donnent une belle part dans leur prière à l'adoration du Seigneur présent dans l'eucharistie, en oubliant sa Parole, et d'autres en revanche, lisent et écoutent sa Parole mais négligent de le reconnaître dans le Pain de vie. Il est donc important de trouver le bon équilibre et de sortir, de part et d'autre, d'une quelconque idéologie.

* La méditation sur l'adoration eucharistique est issue d'articles publiés 
par l'abbé Nathanaël Grard, prêtre du diocèse de Tours et l'abbé Jean-Claude Lange, prêtre du diocèse de Metz

 

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