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Durant le Carême 2021,
retrouvez le commentaire
de l'Evangile du jour
par Mgr Bruno Grua,
évêque de Saint-Flour

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Denier de l'Eglise du Cantal

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Publié par Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie

 

 

 

LIRE LES TEXTES DE LA MESSE
"La lèpre le quitta et il fut purifié"

(Mc 1, 40-45)

 

 

 

Dans ce dernier dimanche du temps ordinaire avant le carême, nous continuons notre lecture de l’Évangile de Marc. Aujourd’hui un récit de miracle : un lépreux vient auprès de Jésus. Le livre du lévitique nous rappellera le confinement dont ils étaient l’objet. Paul quant à lui nous exhorte à tout faire pour la gloire de Dieu ; il ne craint pas de nous dire "imitez-moi" car lui-même imite le Christ. Quelles que soient nos lèpres nous venons auprès du Christ, il a compassion de nous.

Cette page d’Évangile est étonnante de simplicité : la demande d’un malade, l’attitude de Jésus et la demande qu’à son tour il adresse à l’homme guéri.

D’après le livre du lévitique nous savons que par souci d’éviter la contamination, ils vivaient à l’écart, devaient garder des distances et se couvrir le haut du visage. Cela n’est guère éloigné de la logique du confinement que nous connaissons. Le lépreux était considéré comme impur, l’impureté est bien différente du péché. Elle est une trace de mort dans la chair, aussi est-elle incompatible avec la présence au Dieu vivant. Le lépreux est exclu, non seulement de la vie sociale mais aussi du culte du temple. Étonnamment, ce lépreux brave les interdits et vient auprès de Jésus avec une demande pressante : "Si tu le veux tu peux me purifier". Nous sommes au tout début de l’Évangile de Marc, Jésus devait déjà jouir d’une solide réputation de thaumaturge, de guérisseur.

Jésus, saisi de compassion, accomplit un geste impensable pour un juif pieux : il tendit la main et le toucha. Une fois encore nous constatons cette attitude de Jésus touché, affecté, lui qui consolera la veuve de Naïm, pleurera son ami Lazare, et tant de fois fut sensible aux drames humains. Il va même jusqu’à toucher de la main le malade, c’était contracter une impureté. Jésus ne craint pas la contagion, ne craint pas de prendre sur lui la maladie des hommes, leur péché. L’Évangile de Matthieu cite une parole du serviteur de Dieu "Il a pris nos infirmités et s’est chargé de nos maladies". En d’autres termes la sainteté de Jésus ne craint pas l’impureté ; bien au contraire, sa sainteté est contagieuse, elle se communique à l’homme et le guérit. Par compassion Jésus est en quelque sorte contraint de guérir ; il est alors perçu comme faiseur de miracles, aucune référence au Père ou au royaume.

Avec fermeté Jésus le renvoya aussitôt. Là encore nous voilà surpris. Jésus ici respecte la loi, il l’envoie au prêtre pour qu’il soit réintégré dans la vie sociale. Surtout Jésus demande une chose toute simple pour que cet homme fasse un pas de plus, qu’il entre dans une démarche d’obéissance comme celle de Jésus, qu‘il entre dans une autre relation à Jésus. Il lui impose silence. Cela revient plusieurs fois dans l’Évangile de Marc, c’est le fameux secret messianique : Jésus ne veut pas dévier de sa mission et évite que l’on puisse le prendre pour le messie-roi qui chasserait l’occupant romain. Ici l’homme n’obéit pas, il proclame partout la nouvelle. Cependant le don de Dieu est sans repentance, il est guéri. En revanche Jésus ne peut plus entrer dans une ville et doit rester dans des endroits déserts comme s’il était pestiféré. Mais de partout on venait à lui. Nous retrouvons en conclusion l’expression qui a ouvert l’épisode : un lépreux vint auprès de Jésus. Ce procédé, habituel dans la bible, on parle d’une inclusion, est une façon de souligner cette démarche. L’Évangile est pour nous, il nous est adressé..

Comme le lépreux nous venons auprès de Jésus et nous lui exprimons notre désir. Nous avons aujourd’hui une invitation à ne pas craindre de crier vers Dieu. Certes nos prières ne sont pas toujours exaucées selon notre souhait précis mais le Seigneur écoute nos prières. Elles peuvent transformer notre désir, notre cœur. En relisant notre histoire nous pouvons alors rendre grâces pour ce qui nous a été donné et que nous ne soupçonnions pas. La guérison n’est pas toujours là où nous l’attendions.

Saisi de compassion Jésus étendit la main et le toucha. Selon les mots d’une belle hymne de la liturgie "Nul n’est trop loin pour Dieu". Nous pouvons toujours nous tourner vers le Christ, quels que soit notre histoire, le regard que l’on porte sur nous, ou l’opinion que nous avons de nous-mêmes. Dans l’Évangile rien ne peut empêcher Jésus d’aller vers les humains même les plus abîmés.

Enfin Jésus n’est pas simplement un thaumaturge, il nous révèle l’amour du Père, il établit son royaume. Sa rencontre transforme nos vies. Quelles que soient nos lèpres, nous venons vers Jésus, certains de sa compassion pour nous. L’homme qui se remet entre les mains de Dieu expérimente toujours une délivrance gratuite et gracieuse. Avec le psalmiste nous disons : Tu es un refuge pour moi ; de chants de délivrance tu m’as entouré.

Source : "Préparons dimanche" 
Emission réalisée par le service diocésain
de Pastorale Liturgique et Sacramentelle du diocèse de Mende

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