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Publié par Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie

C'est une étape cruciale que vient de sceller le pape François dans le processus de canonisation du  professeur Jérôme Lejeune*. Le Saint-Père a reconnu, jeudi 21 janvier, les vertus héroïques du scientifique français, fervent catholique, mondialement connu pour sa découverte de la trisomie 21 et son combat pour la défense de la vie. Cette annonce intervient de manière quasi prophétique alors que le Sénat vient d'examiner l'élargissement du recours à l'avortement et s'apprête à passer en revue le projet de loi bioéthique, transgressif à bien des égards. Une annonce qui intervient également quelques mois seulement après le décès de son épouse, Birth Lejeune, le 6 mai 2020. 

Une procédure lancée en 2007

Cette reconnaissance de l’héroïcité des vertus fait du serviteur de Dieu un vénérable. Il faut désormais la reconnaissance d’un miracle pour franchir l’étape de la béatification du généticien, puis un second afin qu’il soit canonisé et déclaré saint. C’est l’archevêque de Paris, Mgr André Vingt-Trois, qui avait décidé d’ouvrir en 2007, vingt ans après la mort du généticien, l’enquête diocésaine pour la cause de béatification de Jérôme Lejeune. Une enquête notamment demandée par la Fédération internationale des Associations de médecins catholiques. Actuellement, la cause du professeur Lejeune est portée par Aude Dugast après l’avoir été par Dom Jean-Charles Nault, abbé de l'abbaye de Saint-Wandrille.

Aude Dugast se félicite de la décision du pape François et invite "à prier Dieu par l'intercession de Jérôme Lejeune, pour qu'il obtienne le miracle nécessaire". "En ces temps où notre société remet en question les certitudes les plus fondamentales concernant la personne humaine, Jérôme Lejeune demeure un témoin passionné et courageux de la vérité et de la charité", rappelle-t-elle. "Il a mis ses talents et sa foi au service de la dignité de ses petits patients, blessés dans leur intelligence, et au service de la vie de tous les enfants à naître. Il s’est dépensé sans compter pour ses malades et pour la défense de la vie humaine, mobilisé par cette sentence du Christ dans l’Évangile : "ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait".

"S’il doit être canonisé un jour, Jérôme Lejeune ne le sera pas en raison de ses travaux quels qu’en soient les mérites, avait déclaré Mgr Vingt-Trois à Famille Chrétienne en 2014. C’est l’exercice héroïque des vertus chrétiennes de foi, d’espérance et de charité qui constitue la base d’une canonisation. L’exemple que peut nous donner le Pr Lejeune est celui de ses vertus chrétiennes, de son humilité au regard de sa renommée internationale ; comment il a été un père de famille, un collègue, un ami, un médecin abordable et accessible. Bref, comment sa vie a manifesté la puissance de la grâce".

"Un exemple admirable de force dans la foi"

De nombreuses personnalités avaient déjà vu en Jérôme Lejeune un potentiel saint. C'est le cas du Pr Gian Luigi Gigli, neurologue italien de l’université d’Udine et membre de l’Académie pontificale pour la vie. "Personnellement, je suis convaincu de sa sainteté, et je prie pour que ses vertus puissent être reconnues par l’Église. Il serait un inspirateur formidable pour tous ceux qui travaillent dans le vaste champ de la biologie et de la médecine, ou auprès des femmes enceintes en difficulté tentées de recourir à l’avortement, et pour tous les enfants atteints de malformations, de retard mental et de maladies génétiques".

Le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin, avait salué l'engagement et le courage du professeur Lejeune à l'occasion de l'anniversaire du décès du généticien en 2017 : "On peut affirmer, sans risque d’erreur, que, plutôt que de tomber dans les lâches compromis, le Professeur Lejeune a renoncé aux honneurs et à l’aisance en acceptant l’humiliation et même l’exil, du moins un exil intérieur. Jérôme Lejeune, contre vents et marées, est resté fidèle au Christ et à l’Évangile ; c’est pourquoi il représente pour chacun de nous un exemple admirable de force dans la foi et de dévouement dans la charité".

Un chercheur et un médecin de terrain

Né en 1926, le Pr Jérôme Lejeune découvrit à 32 ans l'aberration chromosomique responsable de la trisomie 21, qu'il révéla dans une note des "Comptes rendus à l'Académie des Sciences" (1959). La Faculté de médecine de Paris créa pour lui sa première chaire de génétique fondamentale (1964). Chef de l'unité de cytogénétique de l'hôpital Necker-Enfants malades, à Paris, il l'a placé dans le peloton de tête des consultations hospitalières les plus actives au niveau international avec plus de trente mille dossiers chromosomiques étudiés et huit mille sept cents patients soignés. Très disponible pour ses malades et leur famille, il donna des conférences dans le monde entier.

Jérôme Lejeune fut aussi un ami de Jean-Paul II, qui lui confia la première présidence de l'Académie pontificale pour la vie. "Nobélisable non nobélisé", selon la formule de l'historien Pierre Chaunu, il a été couronné par plusieurs distinctions mondiales - dont le prix Kennedy reçu en 1962. Chercheur de grande classe, Jérôme Lejeune était avant tout un médecin : "La médecine a depuis longtemps choisi et lutte depuis toujours contre la maladie et contre la mort, pour la santé et pour la vie. Car même lorsque la nature condamne, le devoir du médecin n'est pas d'exécuter la sentence, mais bien de tenter de commuer la peine", disait-il.

Source : Famille Chrétienne

* Le professeur Jérôme Lejeune est décédé en 1994.

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