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Denier de l'Eglise du Cantal 2021

 

Publié par Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie

 

 

 

LIRE LES TEXTES DE LA MESSE
"Ils virent où il demeurait,
et ils restèrent auprès de lui"

(Jn 1, 35-42)

 

 

Après le baptême de Jésus dans le Jourdain, où nous avons pu entendre la voix du Père confortant son Fils : "Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi je trouve ma joie", c'est maintenant Jean Baptiste qui désigne Jésus à ses disciples : "Voici l'Agneau de Dieu". Il fait ainsi référence à l'ancienne Alliance ou pour célébrer Pâque, "l'agneau pascal" était égorgé. Jean comprend que Jésus, le "Fils bien-aimé du Père" est venu donner sa vie pour libérer le peuple de l'esclavage du péché.

Aujourd'hui encore, ce sont ces mêmes mots que le prêtre utilise juste avant la communion, pour présenter aux fidèles l'hostie consacrée, le Corps du Christ : "Voici l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde". Peut-être ne prenons-nous pas suffisamment conscience de la portée de ses mots que nous entendons régulièrement si nous sommes pratiquants. Ils sont une invitation à reconnaitre la présence réelle de celui qui donne sa vie pour nous sauver.

Pour les disciples de Jean, ces mots ont un écho particulier, et font naitre en eux un désir, au point qu'ils décident de suivre Jésus. Ils abandonnent le Baptiste, et suivent les pas d'un autre maître. Certes nous nous souvenons des propos de Jean disant : "Il faut qu'il (Jésus) croisse, et que je diminue" (Jn 3:30), cependant on peut imaginer que ça n'a pas dû être facile de voir s'éloigner des proches, des compagnons. Cela nécessite de la part de Jean Baptiste, une attitude d'humilité remarquable, un exemple à suivre pour nous baptisés, et plus encore pour nous pasteurs. Tout ce que nous sommes, notre vie, notre environnement, l'air que nous respirons, notre capacité à parler, à réfléchir, à aimer, tout cela nous le devons à Dieu, "créateur du ciel et de la terre, de l'univers visible et invisible", de tout ce qui existe et vit. Ainsi , si nous voulons suivre nous aussi "l'Agneau de Dieu", devenir des serviteurs de l'Evangile, nous avons à faire diminuer en nous, notre égo, nos suffisances, nos jalousies... C'est en devenant petits, humbles serviteurs, que nous pourrons, avec le Christ ressuscité, devenir grand par lui et en lui ; et ainsi, entrer dans sa gloire.

Dans la suite de l'évangile, Jésus interpelle les disciples qui ont décidé de le suivre : "Que cherchez-vous ?" et leur réponse peut paraitre surprenante : "Rabbi (maître), où demeures-tu ?". Ici, le verbe demeurer est à prendre au sens large : D'où viens-tu ? Qui es-tu vraiment ? Quelle est ta mission ? "Venez et vous verrez" leur répond Jésus. Rencontrer le Christ et le suivre, c'est opérer un déplacement, faire confiance, se mettre en route, suivre un chemin nouveau, c'est prendre du temps auprès du Fils bien aimé : "ils restèrent avec lui toute une journée". Plus tard, Jésus invitera encore ses disciples à demeurer en lui : "Celui qui mange ma chair et boit mon sans demeure en moi, et moi je demeure en lui." (Jn 6:56)

Jésus, désigné par le père céleste et reconnu par Jean au Baptême, appelle maintenant des disciples à le suivre. Cet appel passe par une rencontre, par un frère, un ami : vient "nous avons trouvé le Messie". La première lecture de ce dimanche nous fait le récit de l'appel de Samuel, qui passe par le prêtre Eli. Samuel ne connaissait pas encore le Seigneur, et il a donc besoin de la foi et du discernement d'Eli pour comprendre que c'est le Seigneur qui le tire de son sommeil, il a aussi besoin d'Eli pour apprendre à répondre à l'appel de Dieu : "s'il t'appelle, tu diras : parle, Seigneur, ton serviteur écoute".

Dans sa lettre aux Corinthiens, Saint Paul souligne l'exigence de l'appel ; c'est toute la personne qui est appelée à s'engager pour le Seigneur. "Le corps n'est pas pour la débauche, il est pour le Seigneur". "Ne le saviez-vous pas ? Votre corps est un sanctuaire de l'Esprit Saint, lui qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu". Par le Baptême, par la confirmation, nous recevons l'Esprit Saint, l'Esprit de Dieu qui vient habiter en nous. Il n'y a pas d'un côté le corps et de de l'autre l'âme, les deux sont indissociables. C'est pour cela que nous devons respecter notre propre corps, et bien entendu, celui des autres ; tous les êtres humains, quels qu'ils soient, de la conception à la mort, sont respectables. Il est bon aussi que nos sociétés prennent de plus en plus conscience de la nécessité vitale de respecter la nature et tout notre environnement.

Comme Samuel et comme les disciples, nous sommes invités à entendre l'appel du Seigneur et à y répondre, c'est que "l'année de l'appel" initiée par notre diocèse, et hélas contrariée par les restrictions sanitaires de 2020, voulait nous rappeler.

N'en doutons pas, le Seigneur ne cesse jamais d'appeler des ouvriers pour sa moisson, il ne cesse pas d'appeler des religieux et religieuses, des diacres, des prêtres, des catéchistes, des aumôniers..., il ne cesse pas d'appeler des hommes et des femmes à s'engager fidèlement dans la vie de couple, et dans la vie de famille. Il ne cesse jamais de nous inviter à aimer en vérité et à nous aimer les uns les autres.

N'ayons pas peur, laissons agir en nous l'Esprit Saint, ainsi nous pourrons répondre à Dieu avec les mots du psalmiste : "Me voici, Seigneur, je viens faire ta volonté".

 

Abbé Jean-Paul Rolland
Vicaire Général du 
diocèse de Saint-Flour

 

Note de la rédaction :
Nous remercions chaleureusement tous les prêtres que nous sollicitons chaque semaine et qui nous autorisent à diffuser leur homélie, méditation ou commentaire des textes liturgiques dominicaux.

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