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Denier de l'Eglise du Cantal 2021

 

Publié par Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie

LIRE LES TEXTES DE LA MESSE
"Convertissez-vous et croyez à l'Evangile"

(Mc 1, 14-20)

Les temps sont accomplis

Entre les temps de l’Avent et de Noël, que nous venons de quitter ; ceux du carême et de Pâques, où nous entrerons dans trois semaines ; il y a 6 semaines de temps, dit ordinaire. On pourrait se dire que ce temps est un temps pour souffler, un temps où il ne se passe pas grand-chose au niveau de la Foi, le temps tranquille du quotidien. Et, c’est vrai que l’on a aussi besoin de ce temps ordinaire pour faire une halte spirituelle, comme quand Jésus se met à l’écart pour prier. Pourtant, au milieu de ce temps ordinaire, les textes de ce jour viennent résonner de façon extraordinaire : "Les temps sont accomplis", nous disent les trois textes de ce jour. Les temps sont accomplis, il est temps de se convertir, de tout quitter pour se mettre à la suite du Christ.

I/ Que faut-il quitter ? (1Co7)

Faut-il quitter sa femme, comme semble le suggérer Paul ? Certains hommes pourraient interpréter cette parole dans un mauvais sens. Faut-il abandonner tous ses biens matériels ? Je crois que là, la parole de Paul soit encore moins bien entendue.

Faut-il arrêter de pleurer, de rire, de vivre tout simplement ? Paul ne dit pas du tout cela. Paul invite à un changement intérieur, un bouleversement profond de notre relation aux autres, au monde et à Dieu.

Il exprime le choc que doit provoquer en nous la rencontre du Christ. La foi ne signifie pas s’enfermer dans un cocon tranquille, dans un monde rassurant où tout semble bien à sa place. Suivre le Christ, c’est accepter de s’engager dans une aventure quotidienne. Accepter de remettre en question tout ce qui a trop de valeur pour nous : nos biens matériels, nos familles, nos sentiments. Christ ne vient pas changer la superficie des choses et des gens, il n’est pas superficiel. La rencontre du Christ vient tout changer et tout transformer en nous.

II/ Changer son rapport à l’autre. (Jonas, Mc 1)

Deux exemples nous sont donnés aujourd’hui de ce qu’il faut quitter.

Dans le conte sapientiel, qu’est le livre de Jonas, Jonas doit accepter de quitter son pays pour aller chez des païens, des gens qu’il méprise et dont il pense qu’ils méritent bien tous de mourir. Le prophète prend même le chemin inverse de celui où Dieu l’appelle. Il quitte bien son pays, mais pour aller dans l’autre direction. Dieu le rattrape en chemin et le voilà qui se retrouve à Ninive, la pécheresse. Et là, surprise, alors que pendant des siècles, le peuple élu est resté sourd aux paroles des prophètes, des païens, des pécheurs, se convertissent en un jour. C’est un conte, mais il signifie beaucoup et contient beaucoup plus de vérité que bien des histoires vraies. Comme les paraboles de Jésus, il invite à réfléchir et à changer notre regard et notre vie. Les gens de Ninive deviennent un exemple pour le prophète qui venait les rappeler à l’ordre. La vie avec Dieu est souvent faite de ces paradoxes et nous rappelle que l’on ne peut pas enfermer la Foi dans un chemin tout tracé et bien droit.

Le deuxième exemple est celui de l’évangile, où les disciples quittent leur travail et leur père pour se mettre à suivre le Christ. Ils abandonnent tout, au mépris de la Loi, qui dit de respecter son père et sa mère, et ils s’en vont à la suite du Christ.

Jonas, les disciples, manifestent que suivre le Christ n’est pas anodin et engage toute la vie. Jonas ne le fait que contraint et forcé, les disciples de grand cœur. Mais tous savent que la présence de Dieu dans leur vie les invite à changer, à grandir et tout abandonner pour suivre le Christ.

Vous pouvez garder vos maris ou vos femmes, vos biens matériels, mais vous ne pouvez pas en faire des absolus et vous contenter de cela. Le temps est limité, les temps sont accomplis, Christ est là et nous demande de quitter nos égoïsmes, nos peurs, notre orgueil, notre paresse et nos certitudes, pour se mettre à sa suite et accueillir dans nos vies la Bonne Nouvelle du Salut.

Monseigneur Damien Stampers
Vicaire Général du diocèse de Blois
Enseignant à l'Institut d'Etudes Religieuses de Paris
Source : Diocèse de Blois

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