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Denier de l'Eglise du Cantal 2021

 

Publié par Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie

"Je le dis à tous : Veillez !"
(Mc 13, 37)

Certains attendent toujours la réouverture des restaurants ou des salles de sport, d’autres attendaient avec impatience l’ouverture des magasins, d’autres la reprise des messes mais avec des conditions moins strictes. N’oublions pas que ce 1er dimanche de l’Avent, nous attendons d’abord, et avant tout, le Messie, Emmanuel, Dieu au milieu de nous, Dieu avec nous.

Et sans pour autant minimiser l’attente des commerçants ou des restaurateurs, nous savons bien que seul le Christ est capable de répondre vraiment aux faims et aux désirs qui habitent l’homme. La véritable nourriture, la plus grande richesse c’est Jésus Christ.

Saint Paul dans la deuxième lecture nous le rappelle avec beaucoup de tendresse et de conviction : "dans le Christ Jésus, vous avez reçu toutes les richesses, toutes celles de la parole et de la connaissance de Dieu (…) Ainsi, aucun don de grâce ne vous manque (…) C’est lui qui vous fera tenir fermement jusqu’au bout." Prenons conscience de l’importance de ces paroles, de leur profondeur et de leur vérité. Elles résonnent encore plus fortement en ces temps difficiles, fragiles que nous vivons.

Je suis un peu surpris de voir comment depuis des semaines on ne cesse de réclamer l’ouverture des magasins pour que la fête de Noël ne soit pas gâchée au point même d’imaginer pour certains de reporter Noël en juillet (sic).

Alors que Celui que nous attendons n’est ni une marchandise, ni une gourmandise mais Celui qui peut remettre le monde à l’endroit, bâtir une humanité réconciliée, plus juste et plus fraternelle, redire à l’homme sa dignité et lui rappeler sa valeur inestimable, dès sa conception jusqu’à sa mort naturelle, ouvrir un chemin de vie et d’espérance, offrir la vraie joie qui au-delà des épreuves nous aide à tenir debout en confiance. C’est Lui frères et sœurs que nous attendons, que nous nous apprêtons à accueillir au soir de Noël. Et la venue de l’Enfant Dieu ne saurait être ni retardée, ni reportée, ni même annulée par des restrictions sanitaires, ou des impératifs économiques. Dès sa naissance, il nous sera annoncé en effet que rien ni personne ne pourra nous séparer de l’amour du Christ ! C’est une certitude, c’est notre foi.

Pourtant dit le prophète Isaïe, "personne n’invoque plus ton nom, nul ne se réveille pour prendre appui sur toi." J’ai été interpellé par cette phrase, comme un cri de désolation du prophète et tellement actuelle. Nous nous sommes peut-être en effet un peu endormis avec le temps, nous avons peut-être laissé notre foi en sommeil et notre relation au Christ entre parenthèses. Nous nous sommes peut-être laissés endormir par d’autres musiques plus séduisantes, d’autres promesses plus alléchantes. Ces temps troublés que nous vivons, ces contraintes sanitaires que nous devons observer peuvent aussi nous perturber, nous déstabiliser, ou, comme nous le lisons dans la première lecture, nous dessécher comme des feuilles.

Alors, c’est le moment de nous réveiller. Nous devons nous tenir à notre poste de garde et veiller. "Le Seigneur a donné tout pouvoir à ses serviteurs et fixé à chacun son travail" entendons-nous dans l’évangile.

Quel travail nous confie-t-il et particulièrement en ces périodes troublées ?

Tout d’abord, invoquer le nom du Seigneur. Saint Paul écrit : "En toute circonstance, que l’Esprit vous donne de prier et de supplier : restez éveillés, soyez assidus à la supplication pour tous les fidèles." (Ep 6, 18) Ce temps de l’Avent veut nous encourager à invoquer le nom de Dieu dans une prière plus ardente pour notre monde, pour notre société, pour ceux qui souffrent d’une manière ou d’une autre de cette situation critique liée à la pandémie et aussi pour ceux qui nous gouvernent et qui ont cette lourde responsabilité de prendre des justes décisions pour notre pays. Et "ce que je vous dis là, je le dis à tous" ajoute le Seigneur.

Nous avons une responsabilité immense et essentielle même si elle n’apparaît pas ainsi aux yeux du monde. Il s’agit d’invoquer le Sauveur pour toutes ces situations difficiles que traverse notre monde, notre société et de porter au Seigneur le cri des hommes.

C’est assez clair me semble-t-il. C’est un appel à transformer nos colères, nos raz-le bol, nos lassitudes en cris vers Dieu pour tous ceux qui n’ont plus la force ou même l’idée de le faire.

Mais veiller c’est aussi un appel à être des signes d’espérance pour ce monde, pour cette société. Il s’agit d’allumer dans ce qui peut paraître bien ténébreux aujourd’hui des petites lumières comme autant de signes de la venue de Dieu au cœur de ce monde, de sa présence au milieu de cette humanité. Visiter une personne âgée ou malade, soutenir les associations, comme le Secours Catholique, venant en aide aux plus démunis, se préoccuper de tel voisin ou voisine qu’on ne voit plus depuis un certain temps, et même, parler de Jésus comme celui qui nous aide à tenir fermement dans la confiance et qui nous apporte la vraie joie.

Nous risquons nous aussi, surtout dans des périodes si troubles, d’oublier cette mission concrète que le Seigneur nous confie ou de tomber nous aussi dans le découragement et la désespérance, la violence, même verbale et la condamnation.

Ne nous laissons pas voler l’espérance, mais par une manière d’être, continuons à témoigner de Celui qui nous fait vivre, qui est fidèle et qui nous aime. Oui en ce temps de l’Avent, restons vigilants et veillons.

Père Mickaël LE NEZET
Source : Paroisse de Rochefort

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