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Publié par Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie

36283_cardinaux-consistoire_440x260.jpgQui a le droit de vote ?

Le IIIe concile de Latran, en 1179, a décidé que seul les cardinaux voteraient. Depuis, le droit de vote est demeuré leur privilège. Mais à la suite de la réforme décidée par Paul VI en 1970, ceux qui ont fêté leurs 80 ans sont privés du droit de vote. En réalité, leur influence ne sera pas nulle pour autant. Le même Paul VI, soucieux d'atténuer le choc de cette mise à la retraite électorale, a institué des "congrégations générales" pour gérer les affaires de l'Eglise dès la mort du pape, ou en l'occurence sa démission, et dispose que tous les cardinaux, quel que soit leur âge, peuvent participer à ce temps de débat encore informel, mais déjà décisif. Une occasion unique, peut-être ultime, de peser sur l'avenir de l'Eglise.

 

Qui est éligible ?

N'importe quel baptisé de sexe masculin, en théorie, peut l'être... En pratique, il en va différement, ne serait-ce que parce que peu de personnalités ont une notoriété suffisante auprès de grands électeurs qui viennent des quatre coins du monde. En 1958, un groupe de cardinaux avait mis en avant la candidature de Monseigneur Montini, qui n'était pas alors cardinal, mais simple archevêque de Milan. Ce fut finalement Jean XXIII qui l'emporta. Monseigneur Montini, devenu entre-temps cardinal, lui succéda cinq ans plus tard sous le nom de Paul VI.

 

Quel mode d'élection ?

D'autres modes d'élection ont existé. Le pape fut, jusqu'au XIe siècle, choisi par le peuple de Rome, puis par les évêques de la région. A la mort de Paul VI, le code de droit canon prévoyait encore deux cas particuliers : l'acclamation - approbation d'un nom, spontanée et unanime - et le compromis, une solution d'exception, destinée à sortir d'un complet blocage : les cardinaux décident alors l'unanimité de confier l'élection à un comité restreint. Deux possibilités supprimées par Jean-Paul II.

 

Pourquoi le huis clos ?

Certaines élections ont battu de véritables records de lenteur, résultat de violentes luttes d'influence. Ainsi, pour choisir le successeur de Clément IV, les cardinaux réfléchirent pendant presque trois ans, de 1268 à 1271. Lasse d'attendre les résultats, la population de Viterbe, où se déroulait le srcutin, enferma les électeurs, ne leur donnant que du pain et de l'eau, pour les inciter à se mettre d'accord au plus vite. L'idée s'avérant excellente, le nouveau pape, Grégoire X, décida d'en faire une règle, par la constitution Ubi majus periculum. Si l'on parle aujourd'hui de conclave (cum clavis, avec une clef), c'est donc simplement pour dire que les cardinaux se réunissent à huis clos. La mesure protège la liberté des électeurs, empêchant en théorie le jeu des influences extérieures. Mais les Etats catholiques (France, Autriche, Espagne) ont longtemps conservé le droit d'opposer leur veto à une élection, sous la forme d'une exclusive exprimée par un cardinal : en 1903, l'Autriche obtint ainsi la mise à l'écart du cardinal Rampolla. Mais aussitôt, élu, Pie X abolira cette forme désuète de droit d'ingérence. Autre avantage du huis clos : il accélère sans doute le processus de décision. L'élection fut l'affaire d'une journée pour Pie XII, en 1939, ou pour Jean-Paul 1er, en 1978. A peine plus pour Jean-Paul II : entrés en conclave dans l'après-midi du samedi 14 octobre 1978, les cardinaux élisaient le lundi, à 17h20, le pape polonais, les premiers votes ayant eu lieu le dimanche.

 

Source : La Vie

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