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Publié par Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie

jb letang-copie-1A l'occasion du 50e anniversaire de l'ouverture du Concile Vatican II, Jean-Baptiste LETANG, 19 ans1/2, étudiant à Clermont-Ferrand, animateur dans le groupe de jeunes de la Châtaigneraie "Témoins & Bâtisseurs" et membre de l'équipe diocésaine de la Pastorale des Jeunes, nous parle de sa vision de l'Eglise. A découvrir...

 


"Qu’est-ce que l’Eglise pour moi ? Qu’ai-je reçu d’elle ? Qu’est-ce que je peux lui apporter ? Et qu’est-ce que je souhaite pour elle ? Ma relation à l’Eglise peut se résumer en deux mots : hospitalité et responsabilité. L’hospitalité qu’elle a eu et qu’elle a encore envers moi, et la responsabilité que j’ai envers elle.


Tout d’abord l’hospitalité, l’accueil de l’Eglise. Depuis que je suis enfant, je me suis toujours senti dans l’Eglise comme chez moi, comme en famille et ce grâce à ma propre famille qui est active au sein de l’Eglise. Mais ce n’est pas qu’une question de tradition, de transmission familiale. J’en ai pris conscience notamment à l’occasion de ma confirmation. C’est vrai que sans une éducation chrétienne, je n’aurais sans doute pas été confirmé en classe de troisième. Pourtant c’est à partir de ce moment que je me suis trouvé libre vis-à-vis de ma foi. J’allais partir au lycée à Clermont dans un internat où il n’y avait presque aucun Chrétien parmi mes amis. Il aurait été facile, voire à la mode, de prendre mes distances avec l’Eglise, qui suscite davantage l’incompréhension que l’admiration, ou alors de me replier sur ma foi et de m’isoler. Mais je suis demeuré chrétien, et à l’hostilité j’ai préféré l’hospitalité, cette ouverture à l’autre discrète et respectueuse, cette écoute, cette compréhension qui me touchent dans la vie de l’Eglise.


C’est certainement l’hospitalité qui me plaît le plus dans la vie de l’Eglise, l’attention portée aux pauvres et aux petits, c’est-à-dire aux prisonniers, aux malades, aux personnes handicapées, aux marginaux. L’hospitalité de l’Eglise témoigne de l’hospitalité de Dieu ; aussi le sacrement de la réconciliation est-il pour moi le plus bel exemple du soin maternel dont l’Eglise puisse faire preuve. Le prêtre nous accueille avec délicatesse et bienveillance. Par qui d’autre que l’Eglise sommes-nous aujourd’hui écoutés à ce point-là ? C’est sans doute pour cela que les jeunes aiment ce sacrement de réconciliation. Oui, l’hospitalité de l’Eglise est un signe fort pour notre temps.


Ma relation à l’Eglise se bâtit aussi sous la forme d’une certaine responsabilité, d’une réponse à lui adresser. Elle accueille et elle sollicite, parce qu’elle est pauvre ; et c’est certainement une bonne chose, puisque cela la pousse à faire appel au plus grand nombre de Chrétiens. Il y a déjà quelques années, on m’a demandé d’accompagner les célébrations à l’orgue. Aujourd’hui je fais partie de l’équipe d’animation d’un groupe de jeunes catholiques, « Témoins et Bâtisseurs » et je suis membre de l’Equipe diocésaine de la Pastorale des Jeunes. J’en suis d’ailleurs très heureux. C’est tout naturellement que je consacre un peu de mon temps à la vie de l’Eglise : j’ai tant reçu d’elle d’un point de vue humain, culturel et spirituel. Mais je ne ressens pas cette responsabilité comme une dette à rembourser mais plutôt comme un relais à prendre.


Là encore, c’est depuis ma Confirmation que j’ai pris conscience que je portais en moi un peu de cette Eglise dont je devenais témoin. C’est en partie par moi que mes amis portent un jugement sur l’Eglise, et c’est de moi qu’ils peuvent en recevoir le message. Cette prise de responsabilité n’est pas une prise de galon ou d’influence au sein d’une organisation de type associatif dont je serais un militant. Etre responsable, dans l’Eglise, c’est choisir le service et la conversion personnelle à renouveler sans cesse, c’est tenter la difficile remise en question de l’Eglise par elle-même, de son attitude et de son fonctionnement toujours à améliorer.


Et cette responsabilité, même minime, m’amène maintenant à formuler des vœux pour cette Eglise, notre Eglise. Ce que je souhaite aujourd’hui, c’est qu’elle garde et fasse grandir ce pour quoi je l’aime, autrement dit qu’elle montre toujours plus d’hospitalité et qu’elle ne craigne pas d’en appeler toujours davantage à la responsabilité de chacun. Certaines personnes peuvent encore se sentir exclues de nos communautés ; soyons une Eglise qui accueille et rassemble. Il est en effet indispensable que l’Eglise garde ses portes ouvertes, qu’elle ne cesse de tisser des liens avec un monde qui se détourne d’elle parce qu’il ne l’entend plus comme il faudrait. Pour ce qui est des jeunes, par exemple, l’Eglise va devoir les accueillir d’une manière toute nouvelle. Nous sommes, nous les jeunes, la génération d’Internet, de la toile, où chacun pense ce qu’il veut et où tout se vaut. Beaucoup de jeunes se trouvent aujourd’hui avec pour seule spiritualité quelques idées sur une pseudo philosophie venue d’on ne sait où, peut-être d’Orient, avec une vague croyance en la réincarnation, épicée par un peu d’ésotérisme bon marché. Comment l’Eglise va-t-elle accueillir cette nouvelle génération ? Par le ricanement, le désespoir ou va-t-elle s’efforcer à trouver des solutions pour rendre à l’homme sa spiritualité et donc sa dignité ?


Voilà pourquoi il faut faire toujours plus de place au vrai dialogue, libre et respectueux, notamment avec le monde athée. L’Eglise ne doit jamais se déconnecter d’une société souvent critique mais qui est aussi la destinataire de l’Evangile. Nous devons pour cela travailler notre façon de communiquer, assumer de manière responsable nos erreurs passées et présentes. Notre responsabilité à tous est grande au sein de l’Eglise et au sein de la multitude. En tant qu’Eglise, nous sommes signes du Christ, et cela doit nous interdire la passivité, la frilosité ou le pessimisme.


Une plus grande hospitalité de l’Eglise et une plus grande responsabilité des Chrétiens : plein de reconnaissance et d’espérance, voilà ce que je souhaite de meilleur pour l’Eglise aujourd’hui."

 

Avec l'aimable autorisation de l'auteur

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FAU HENRIETTE 07/11/2012 02:20

Magnifique témoignage.Nos jeunes ont beaucoup de chances d'avoir des ainés ainsi.Bravo Jean Baptiste. Cela rassure de voir que nos jeunes ont une si belle foi.