Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

Publié par Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie

Therese-Vivre-damour.jpgAujourd'hui, ce n'est pas un livre que nous avons lu pour vous mais plutôt un album musical que nous avons écouté pour vous : "Thérèse, Vivre d'amour"Le chanteur Grégoire qui a séduit les français avec ses succès "Toi + Moi" et "Ta main" revient aujourd'hui avec un très beau projet. Lorsqu'il découvre les textes de Sainte Thérèse de Lisieux, il se met à composer des mélodies au piano, au service de ces écrits baignés d'amour et de spiritualité. Il est touché par tant de grâce, de justesse et de fragilité. Avec l'album "Thérèse, Vivre d'amour", le chanteur Grégoire nous propulse dans un univers incroyablement poétique. Celui de cette religieuse carmélite, au destin singulier, emportée par la tuberculose à l'âge de 24 ans. L'amour, le partage, l'enfance... autant de valeurs chères à Sainte Thérèse de Lisieux dont Grégoire a voulu retransmettre. En découle un album de douze magnifiques titres tout en douceur. C'est la chanteuse Natasha St Pier qui interprète les titres qu'il a composé, seule ou en duo. En effet, cet album est notamment composé de duos inédits comme ceux entre Natasha St Pier et Anggun, Sonia Lacen ou encore Elisa Tovati. Cependant, d'autres artistes y ont également participé comme les Stentors, Michaël Lonsdale, les Petits Chanteurs à la Croix de Bois ou encore Grégory Turpin. Monseigneur Jean-Michel Di Falco-Leandri, évêque de Gap et d'Embrun (Hautes-Alpes), a participé également à cet album en prêtant sa voix aux titres "Mon chant d'aujourd'hui" et "La prière"'.
A écouter absolument... L'occasion pour chacun de nous de découvrir ou redécouvrir les écrits de Sainte Thérèse de Lisieux...

"Ma seule paix, mon seul bonheur
Mon seul Amour, c'est toi Seigneur !"
INTERVIEW DE NATASHA ST PIER
A proprement parler, "Thérèse, Vivre d'amour", ce n'est pas votre album, comme il a pu être présenté en premier lieu...
Natasha St-Pier : A proprement parler, non. C'est vrai (sourire). Je viens un peu comme une comédienne sur ce projet. J'ai essayé de livrer les textes de Thérèse comme elle-même aurait pu les interpréter. Mais, comme vous le savez, elle est morte depuis plus d'un siècle. Ce n'est pas quelqu'un avec qui j'ai pu parler. Et puis, elle a eu une vie tellement loin de la mienne... Il est donc difficile de savoir exactement comme elle percevait les choses. Moi, j'essaie de m'en approcher mais surtout de transmettre ses émotions et son histoire au public. Comme quand on va au cinéma et qu'on ressort de la salle en ayant été ému par les personnages, l'histoire... Donc j'essaie de faire comme font les comédiens.

En réalité, ce sont Grégoire et Roberto Ciurleo qui sont les instigateurs du projet, et qui sont venus vous trouver...
Le vrai instigateur si je puis dire, c'est Roberto Ciurleo, qui lui est très croyant et qui aime Thérèse. C'est lui qui nous a parlé le premier de tout ça. L'associée de Roberto, c'est la femme de Grégoire. Elle est rentrée un soir chez elle avec ces textes. Grégoire les a lus. Il s'est installé au piano et s'est mis à les chanter. C'est sorti comme ça. Il a été très ému par ses textes-là. Sa femme me disait qu'il a même pleuré à un moment devant son piano. De là, il a écrit beaucoup de musiques. Ils ont eu envie d'en faire un album multi-artistes. Ils souhaitaient que chaque artiste interprète un ou deux titres. Mais ils ne voulaient pas spécialement d'artiste lead. Quand ils m'ont approchée pour le projet et que j'ai commencé à poser, c'est venu pour eux comme une évidence que j'avais ce qu'il fallait. On m'a demandé d'être le fil rouge de cet album, sans être Thérèse. Et plutôt que d'en faire un projet multi-artistes, on a décidé d'inviter plusieurs artistes à venir chanter avec moi. 

« On vit une époque où on a besoin de messages d'amour et d'espoir »
Ce n'est pas évident de travailler sur un projet comme celui-là, associé à la religion. Quelle a été votre première réaction lorsque Roberto et Gégoire vous ont contactée ?
Au début, quand ils m'ont approchée, j'ai eu un peu peur. Parce que... Le premier appel, ça a été : "Allo Natasha, je voudrais juste savoir si tu es catholique ?" (rire). J'ai répondu que oui et j'ai demandé pourquoi. C'était mon agent. Il m'a expliqué que j'avais été contactée pour un projet. Il est resté assez confus et m'a simplement parlé d'un rendez-vous. Je suis allée au rendez-vous sans savoir avec qui et pourquoi. Et là, on m'a parlé de Thérèse de Lisieux. Je ne la connaissais pas. Je ne savais pas qui c'était. Je leur ai demandé de me faire écouter quelques chansons. Et au bout de la troisième, j'ai été convaincue. Je me suis dis que c'étaient des chansons que j'avais envie de chanter. Après, je suis rentrée chez moi. J'ai été regarder sur Internet pour savoir qui était Thérèse de Lisieux. J'ai lu. J'ai ensuite acheté des livres et je me suis documentée un maximum. Et j'ai découvert quelque chose de vachement positif. Souvent, la religion catholique, on a l'impression que c'est quelque chose de très sévère, très carré... 

Pour beaucoup, c'est vrai...
Alors des textes qui datent en plus de cent ans (sourire) ! Je pensais que ça allait être très fermé, brimant ! Mais, ce qui m'a surpris, c'est qu'elle n'était pas cette image de la religion qu'on a, même dans les textes très modernes. Sans dire que c'était une précurseur, elle était vraiment dans l'amour. Elle n'était pas dans les grands miracles ou les sacrifices. Elle était dans la générosité : être gentille avec tout le monde, et tout le temps. Je pense qu'on vit une époque où on a besoin de messages d'amour et d'espoir. Qu'on soit athée ou croyant. L'amour et l'espérance sont pour moi des sujets d'actualité. Parce qu'on en manque !

Vous êtes-vous identifiée à Thérèse de Lisieux en interprétant ses poèmes ?
Je ne me suis pas identifiée. Parce qu'elle est fait mille fois mieux que moi, cette femme. Elle a fait des choses que je ne serai jamais capable de faire. J'ai essayé pendant trois jours de ne jamais ressentir la moindre aigreur ou le moindre petit agacement de la part de quiconque. Dans une journée de vie normale, c'est impossible !

« Je ne pourrai faire de miracle pour personne, ça ne sert à rien de me prier »
Pourquoi est-ce impossible selon vous ? C'est une question d'époque ? Le 21ème nous oblige à agir de telle ou telle manière ?
Le 21ème siècle est comme ça parce que nous sommes devenus comme ça. C'est nous qui façonnons le monde. Ce n'est pas lui qui nous fait être. J'ai l'impression qu'on confond souvent ces deux choses-là aujourd'hui. C'est de notre faute. On copie des modèles. On se construit un système de valeurs qui est celui d'une majorité de gens. Il n'est pas axé vers la générosité. 

Vous ne craignez pas que ce projet vous enferme dans un personnage ?
Ce qui me fait peur, c'est que les gens m'identifient à Thérèse ou projettent en moi le personnage qu'elle est. Je ne pourrai faire de miracle pour personne, ça ne sert à rien de me prier. J'ai l'impression qu'il y a des gens qui vont attendre beaucoup de moi. Peut-être plus que ce que je suis capable de donner et de faire. C'est ça qui me fait peur. Après, dire que ce projet pourrait m'enfermer dans un personnage, je ne crois pas. J'ai existé avant. J'existerai après. Ce n'est pas avec six chansons que ma personnalité va changer du tout au tout. J'ai déjà sorti plusieurs albums. Les gens me connaissent bien et sont assez bien placés je pense pour savoir que je ne suis pas une sainte. Mais les gens que l'album va aider dans des épreuves ou apaiser, risquent de trop projeter d'espoirs en moi.

Est-ce que Thérèse est devenue ou pourrait devenir un modèle pour vous ?
Très honnêtement, elle l'est devenue en quelque sorte. Je lisais qu'elle avait eu beaucoup de détracteurs. Parce qu'elle n'a pas été missionnaire. Elle n'est pas allée à l'autre bout du monde pour convertir des gens. Elle n'a pas fait de grands miracles de son vivant. Elle n'a pas redonné la vie ou la vue à qui que ce soit. Mais, tout au long de sa vie, elle a fait des tous petits actes qui l'ont fait connaître dans le monde entier. Alors qu'elle a vécu enfermée dans un carmel de l'âge de 15 à 24 ans ! Pour qu'une femme enfermée aussi longtemps dans un couvent, à Lisieux, soit aujourd'hui aussi célèbre, c'est quand même qu'elle avait quelque chose de particulier (sourire) ! C'est Jean-Paul II qui avait dit qu'il était plus difficile de faire de petits actes au quotidien que des grands actes exceptionnels. Je pense que, en ça, elle est un modèle. Moi qui ne suis pas de nature très patiente, je vais peut-être le devenir plus. En tout cas, je veille à l'être plus.

Le carmel, l'oraison, la prière... Ce sont des mots qui signifiaient quelque chose pour vous ?
Non. On m'aurait demandé ce qu'était une carmélite, j'aurais vaguement répondu que c'était une religieuse.
 
« J'ai découvert
à travers elle
une foi qui me convient »
 
Vous avez donc fait un peu d'histoire...
J'ai appris beaucoup de choses depuis que je travaille sur ce projet. J'ai même découvert à travers elle une sorte de foi qui me convient. Parce que, comme je l'ai dit, je n'adhère pas aux choses trop régentées, trop carrées... Pas assez spirituelles finalement. Et là, j'ai découvert une foi facile et abordable, qui m'a semblé logique.

Commenter cet article

G d' Humières 27/04/2013 22:53

Merci
c'est un beau témoignage