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Publié par Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie

Dans le cadre de sa visite pastorale sur la paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie, Monseigneur Bruno GRUA, évêque de Saint-Flour, a célébré une messe en l'honneur de saint Jacques Berthieu, le dimanche 13 janvier 2013 à Roannes Saint-Mary. Ci-dessous l'homélie qu'il a prononcé lors de la célébration et quelques photos :

 

"Avec cette fête du baptême du Seigneur, s’achève le temps liturgique de Noël. Fête après fête, nous sommes entrés dans la révélation du mystère du Christ : les anges l’ont désigné dans la nuit de Noël comme Sauveur, Messie, Seigneur. Les mages sont venus se prosterner devant le roi des juifs. Aujourd’hui, « du ciel une voix se fit entendre : c’est toi mon Fils bien-aimé ; en toi j’ai mis tout mon amour ».


Le cadre de cette ultime révélation n’est pas anodin. Jésus vient de se faire baptiser par Jean. Bien sûr, ne faisons pas d’anachronisme. Il ne s’agit pas du baptême chrétien puisque, être baptisé, pour un chrétien, c’est participer à la mort et à la résurrection du Christ. Mais le baptême dans l’eau était un rite bien connu de certains courants du judaïsme du 1° siècle. Il signifiait la volonté de pénitence, de repentir, de retour à Dieu, la volonté d’abandonner le chemin du pêché pour retrouver celui de la fidélité à l’Alliance.


C’est dans cette démarche que Jésus a voulu entrer. Cela a de quoi nous surprendre, comme cela a surpris Jean le Baptiste. Jésus est-il donc lui aussi à compter parmi les pêcheurs ? Doit-il lui aussi faire pénitence, changer de cœur, se convertir, prendre un nouveau chemin ? L’évangile est clair : il ne peut pas s’agir de cela puisque Jésus est le Fils Bien-Aimé du Père, celui en qui il a mis tout son amour.


Quel est le sens alors de cette démarche ? Si Jésus, avec tout le peuple est lui aussi baptisé, c’est pour nous dire sa proximité, sa solidarité, sa communion avec l’humanité pécheresse. Nous savons depuis Noël, que Dieu est entré dans un corps semblable au nôtre. Nous apprenons aujourd’hui jusqu’où va sa solidarité avec nous. Saint Paul dira, dans une formule paradoxale qu’il s’est fait pêché pour nous. Non pas qu’il ait commis le pêché. Mais il accepte, il entre même dans le drame spirituel de l’humanité coupée de Dieu par le pêché. Il en porte le poids de souffrance. Il s’est chargé de nos fautes, il supporte nos maladies. Il épouse totalement la condition humaine, y compris dans sa dimension spirituelle marquée par le pêché.


Ce geste annonce déjà la passion et la croix. A ce moment là, Jésus assumera, non plus symboliquement comme aujourd’hui, mais réellement toutes les conséquences tragiques du pêché de l’homme. Sur sa personne se déchaineront toutes les formes possibles de la haine. Il éprouvera même, lui le Fils, le drame de l’absence de son Père sans l’amour duquel il ne peut vivre : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». C’est déjà cet amour indéfectible de Dieu pour l’humanité pécheresse qui nous est annoncé aujourd’hui dans le baptême du Christ. 


Frères et Sœurs, vous le comprenez bien, aujourd’hui, dans cette démarche, Dieu change de visage. Jusqu’à ce jour nous pouvions imaginer que Dieu se révélait d’abord dans la distance, dans le jugement, dans la crainte qu’il inspire. Nous découvrons aujourd’hui in Dieu qui se révèle dans la proximité, la communion, la compassion. Tel est le Dieu des chrétiens et c’est là une révélation que nous n’avons jamais fini d’accueillir. Nous sommes les disciples d’un Dieu qui en Jésus veut se faire proche de toute détresse, de toute faiblesse humaine, de tout pêcheur. Personne n’est exclu de son amour depuis qu’au milieu de la foule, il est venu, lui aussi recevoir le baptême de pénitence. « La grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes ». Pas de quelques-uns mais de tous puisque tous sont marqués par le pêché.


Cette conscience d’un salut offert à tous fut déterminant dans les choix que murit ici, à Roannes Saint-Mary l’abbé Jacques Berthieu avant d’entrer dans la compagnie de Jésus et d’aller évangéliser l’ile de Madagascar. Il serait trop court d’évoquer, pour expliquer ses choix de vie, les débuts difficiles qu’il connut ici comme vicaire de M. le curé Jalenques. Il faut chercher, pour comprendre son chemin de vie jusqu’au martyr, du côté de son attachement sans limite au Christ et d’une conscience vive que son salut est offert à tous les hommes. Alors il s’agit de le faire connaitre et aimer. On ne quitte pas sa famille, son pays, on ne donne pas tout jour après jour, comme il l’a fait, sans la certitude intérieure de servir ainsi le Christ sauveur de tous les hommes et sans un amour inconditionnel de ceux auxquels on est envoyé parce que, pour eux aussi le Christ est mort.


On imagine mal aujourd’hui la force de cet appel missionnaire. Peut-être parce que nous confondons l’annonce du Christ Sauveur avec les formes qu’elle a pu prendre dans nos pays d’occident. Alors ce que nous croyons être le respect des autres cultures, y compris dans leur dimension, nous paralyse. Sans compter que la tolérance dont nous nous prévalons constamment est bien souvent un autre nom de l’indifférence. Nous croyons pourtant que le Christ est la Voie, la Vérité, la Vie. Pas une voie, une vérité, une vie parmi d’autre mais l’unique et qu’il n’y a pas d’autre nom sous le ciel par lequel nous puissions être sauvé.


Le synode diocésain nous invite à construire des communautés missionnaires. Demandons à saint Jacques Berthieu cette grâce d’aimer suffisamment nos frères, pour témoigner auprès d’eux, avec respect, du Christ unique Sauveur."

 

+ Bruno GRUA

 

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Les photos ont été prises à partir d'un téléphone portable d'où la mauvaise qualité...    


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