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Publié par Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie

Chers amis du Christ,

 

 

paul-vi.jpgEn ce début novembre, nous venons de célébrer la fête de tous les saints (Toussaint). L’année 2014 aura été riche en nouveaux saints. L’Eglise nous les donne comme modèle de foi, exemple de charité et signe d’espérance. L’Eglise catholique a canonisé cette année saint Jean XXIII, saint Jean-Paul II et vient de béatifier le pape Paul VI le dimanche 19 octobre dernier.

 

2014 fut aussi l’occasion de jubilé pour saint Louis roi de France (800e anniversaire de sa naissance), saint Jean Bosco, sainte Thérèse d’Avila. Etre saint, c’est être purifié de tout mal et parfaitement ajusté à Dieu. Tous les hommes, créés à l’image de Dieu sont appelés à la sainteté. Pour autant, celui qui décide de suivre le Christ Jésus bute rapidement sur ses limites. La sainteté ne s’arrache pas à la force du poignet mais se reçoit par grâce dans l’humilité d’un cœur sans haine et plein de douceur. Il faut accepter de se laisser façonner par le Dieu trois fois saint. L’Eglise en déclare certains « saints » ou « bienheureux ». Elle affirme que le Créateur les a sanctifiés, accueillis dans sa plénitude de vie au paradis. L’Eglise nous les propose comme des lumières sur la route.

 

Tandis que j’écris cet éditorial, je me penche sur le bienheureux Paul VI qui fut le pape de mon enfance. Je suis heureux de le voir « hisser sur les autels ». Le 3 juin 1963, le pape Jean XXIII meurt, aussitôt, le Vatican s’agite et le cardinal archevêque de Milan Jean-Baptiste Montini apparaît comme l’un des plus sûr « papabile ». Le 19 juin de la même année les 80 cardinaux entrent en conclave. Deux jours après, le 21, la fumée blanche monte dans le ciel romain. Le cardinal Montini est élu pape, il prend le nom de Paul VI et sa devise papale est « In nomine Domini » (au nom du Seigneur). Il a 65 ans. Il annonce très vite son programme au monde « La plus grande partie de notre pontificat sera occupé par la continuation du deuxième concile œcuménique du Vatican. » Paul VI mesure l’importance de la tâche et son esprit subtil entrevoit la nécessité d’une réforme des structures de l’Eglise catholique. Il confie à Jean Guitton, écrivain et ami du nouveau pape : « Mon prédécesseur avait une grâce d’ignorance. Au début du concile, il n’y avait pas de plan, pas de programme. » Dès l’ouverture de la deuxième session du concile Vatican II, le pape Paul VI imprime sa marque. Il entre à pied dans la basilique conciliaire et non plus sur la « Sedia Gestatoria » (le siège porté). Cette session sera décisive. La collégialité épiscopale est redéfinie, la place des diacres permanents, l’œcuménisme et le dialogue interreligieux, la réforme liturgique.

 

En janvier 1964, Paul VI entreprend le premier voyage hors du Vatican depuis 100 ans. Il part en pèlerinage en Terre Sainte. Il prie au Saint Sépulcre et rencontre le patriarche de Constantinople Athenagoras IV. Il lève l’excommunication sur les chrétiens orthodoxes. Chacun des gestes de Paul VI est scruté et commenté dans le monde entier. Le pape Paul VI multiplie les gestes vis-à-vis du monde hostile à l’Eglise catholique. Il abandonne sa tiare pour en donner l’argent aux pauvres. A la tribune des Nations Unies, il prononce un discours en 1965 qui résonne dans le monde entier : « Jamais plus la guerre »… « Le vrai péril se tient dans l’homme ». Après le concile Vatican II, Paul VI est épuisé, mais il doit encore résoudre la très épineuse question de la contraception et surtout la crise sociétale qui traverse aussi le clergé. Loin d’avoir été résolue par le concile, la bourrasque de 1968 et des années 70 emporte tout sur son passage. Paul VI connaîtra des conférences épiscopales locales houleuses. De même, il lui faut corriger des catéchismes nationaux erronés qui se mettent à circuler.

 

A l’autre bout de l’Eglise se dressent les disciples de Monseigneur Marcel Lefebvre qui veulent revenir en arrière et n’admettent pas les résultats du concile Vatican II. Les années 70 seront pour Paul VI entièrement celle de la souffrance et d’une certaine Passion au bénéfice de l’Eglise Universelle. Il s’éteint le 6 août 1978 en la fête de la Transfiguration du Christ.

 

Cependant, ces douleurs ont certainement été celles de l’enfantement et les pierres posées seront le fondement sur lesquelles bâtiront ses successeurs. Les graines qu’a semées Paul VI seront moissonnées par le grand pape polonais.

 

Saint Jean XXIII, priez pour nous, Saint Jean-Paul II, priez pour nous,

Bienheureux Paul VI, priez pour nous !

 

L’abbé Patrick JOLY,

votre curé

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