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Publié par Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie

20120831_204251.jpgLa salle des fêtes de Roumégoux n'avait pas vu une telle affluence depuis longtemps. Un peu plus de 120 personnes sont venues écouter avec émotion le récit de Charles Lacaze, 72 ans, paroissien de Saint Laurent en Châtaigneraie.

 

"Un peu de folie... Un peu de volonté... Un peu de santé. Un souhait de 30 ans réalisé ! 2 ans de préparation, 15 jours de parcours, 1350 kms accomplis... Des souvenirs plein la tête. Oui, le bonheur existe !"

 

Telle est la présentation que fait Charles Lacaze, dans le "livre souvenir" qu'il a réalisé avec sa famille et ses amis.

 

Cérémonie de départ où famille, amis, grands et petits étaient présents pour la célébration de la messe ce 25 avril, venus aussi pour l'encourager et lui souhaiter bonne route.

 

Nous ne pouvons pas retracer ici tout le parcours de Charles, nous rapportons seulement quelques extraits qui nous disent comment il a vécu ce pèlerinage.

 

"Ce pèlerinage, n'est pas un exploit, je ne suis pas un champion, ni un héros. Des millions de pèlerins ont fait ce chemin dans des conditions autrement plus difficile. J'ai beaucoup culpabilisé de réaliser ce parcours dans un certain confort. Qu'est ce qui pousse aujourd'hui quelqu'un à prendre le Chemin de Santiago ? Les raisons, les motivations sont différentes selon chaque pèlerin : un voeu, un rêve, un défi, un accompagnement. On le fait pour soi, ou pour quelqu'un, seul ou en groupe, à pied, à byciclette, en voiture... ! On le fait toujours dans le défi d'une épreuve physique autant que mentale.

Au départ du Bourniou, je ne savais pas les raisons de cette envie d'enfourcher ma bicyclette et de partir, mais depuis très longtemps je souhaitais réaliser ce parcours.

Fais-le, et ne te pose pas de questions m'ont dit ceux qui l'ont réalisé un peu dans les mêmes conditions.

J'ai cru devoir y renoncer il y a 5/6 ans pour des raisons de santé, antidouleur et anti-inflammatoire ne m'ayant que partiellement soulagé.

Ma décision fut alors prise de me prendre moi-même en main. J'ai décroché le vélo pendu depuis des années et me suis imposé un entraînement drastique. Petit à petit, j'ai retrouvé le coup de pédale et surtout un certain bien-être.

Passant un jour devant la chapelle du Bourniou ouverte, je suis entré et me suis adressé à la Vierge : Vous savez Marie l'envie qui est la mienne de vouloir me rendre à Compostelle. Aidez-moi à réaliser ce souhait, et régulièrement je suis entré à la chapelle pour dire Merci Marie, je vais bien, je dois faire encore un peu d'effort, mais je suis sur la bonne voie. Encore une année Marie et au printemps prochain je pars. 

Et six avant le départ : Marie je vous confie ma protection. J'ai entièrement confiance en vous.

Voilà pourquoi le 25 avril, j'ai pris le départ pour Saint Jacques de Compostelle, depuis la chapelle du Bourniou, plein de confiance et de sérénité."

 

Dans son récit, Charles relate des moments heureux, les rencontres avec d'autres pèlerins, les échanges riches le soir à l'étape, les témoignages, la beauté des paysages, des villes et des villages, des églises, l'accueil, la sympathie, la serviabilité des Navarrès, des Basques et des Espagnols.

Mais il a connu aussi des moments difficile, pneu crevé, fatigue, mauvais temps, erreur de direction.

 

20120831_215051.jpgA la 4e étape : "A croire que le ciel me tombe sur la tête... pluie toute la journée. Montée du col de Roncevaux.. à 1480m. Pas très facile ! Je participe à la messe avec la bénédiction des pèlerins. Au départ de Roncevaux, il fait froid, le ciel est couvert. A Pampelune 180 000 habitants, je ne prends pas la bonne direction et suis remis sur le bon chemin par un cyclo."

 

A la 7e étape : rencontre d'un pèlerin belge, à bicyclette, parti d'Anvers. Ils feront un bout de chemin ensemble et plus ample connaissance au repas du soir. Muni d'un GPS, il facilitera à Charles la traversée de Burgos par des pistes cyclables. Mais il pleut, encore et toujours...

 

10e étape : 114km, dont 30 de montée. "De la pluie, du vent, du brouillard, de la neige pas loin... ! Un paysage grandiose que je ne peux apprécier que lorsque le vent dissipe le brouillard, et le sommet là-haut, tout là-haut, après ces nombreux lacets."

Mon dieu, vous m'avez amené jusque-là. Jamais le Notre Père n'a été pour moi aussi puissant.

Que votre volonté soit faite. Et puis, enfin, cette croix de fer avec ce monticule de pierres apportées par les pèlerins depuis le bas du col. Je dépose la mienne... Une pierre de Viescamp que je trouve dans ma sacoche. Une prière, et vite je reprends la descente de 25km. J'ai froid, je coince des sacs platique contre moi pour me protéger. Me voilà à Ponteferrada, une ville extraordinaire, avec ses remparts. Une soupe aux poissons servie à volonté, dans une salle tout seul, face à la citadelle, je savoure ! Elle restera dans ma mémoire !"

 

11e étape : 102kms. Temps relativement beau au départ, mais en cours de route, 15km de montée jusqu'à 1320 m, de la pluie, du vent, du brouillard.

Village O'Cébreiro, avec son ancien monastère et son hospice créé à l'initiative des moines originaires d'Aurillac, sous le règne de saint Géraud, dont on situe la création du célèbre "Meson Hospital" des pèlerins en 836.

"Je rentre dans l'église. La chapelle du saint Miracle, la statue de la Vierge du 12e siècle. Sainte Marie Reine, la Vierge du saint Miracle, la Vierge de Cébréiro, la patronne de ces montagnes, titre sous lesquels Marie est nommée. Elle mérite de ma part une dizaine de "Je vous salue" et un lumignon ! Marta me signe la crédential et je lui remet l'affiche du millénaire de la ville d'Aurillac et le sceau de saint Géraud, confié par Louis Cavanié. Que cela est bien sympathique. J'attaque la descente titanesque... Un vent de face me cloue sur place. Je ne sais pas si le paradis existe, mais l'enfer existe !"

 

12e et avant-dernière étape avant Saint-Jacques : "dès le matin je dois m'équiper contre la pluie, il tombe des cordes, mais je suis en pleine forme ! Sur le chemin de la ville de Portomarin où je retrouve 7 cyclistes espagnols déjà rencontrés. L'un d'eeux parle le français. Nous dialoguons. Journal local à l'appui, il me signale les difficultés de l'Espagne face à la crise. Sur les 7, environ 30-35 ans, seulement deux ont du travail, 5 sont au chômage. Oui l'Espagne est en crise. 30 km plus loin, des coups de klaxon derrière moi, voilà la jonction est faite avec le camping-car, les amis, Janine mon épouse est là. Le bonheur est réel."

 

9 mai 13e étape : La voilà l'étape du bonheur !espagne-st-jacques-de-compostelle-02.jpg

"Avant de partir pour 42 km, pour moi une formalité... ! Il me faut m'équiper contre la pluie, il pleut, il pleut toujours ! Le long du parcours, beaucoup de pèlerins à pied, le bonheur eux aussi les porte. Bon Camino !

A 10 km du but, au sommet du Monte Gozo (Montjoie), je suis dans le brouillard, je ne vois rien, puis voilà le panneau SANTIAGO, mais le sanctuaire est de l'autre côté, je dois traverser la ville moderne. Encore un dernier renseigneemnt à un carrefour "Vous êtes à 100 mètres." Je frissonne, Oui, la grande place face à l'immense cathédrale est là. Je m'arrête, j'ai un sentiment étrange, un couple de Français en visite m'accoste "Vous êtes du Cantal ? Vous avez fait le trajet en vélo ?" Oui j'ai fait le trajet en vélo, j'ai 72 ans !". Je m'avance, Janine et Claudine me serrent dans leurs bras "Tu as réalisé ton souhait".

Oui, je pleure de bonheur. Je présente la crédential et reçois officiellement le diplôme certifiant le pèlerinage. On me félicite, je suis dans un autre monde ! Vite je me dirige avec Janine et Claudine vers la cathédrale, immense dans sa splendeur.

Beaucoup de fidèles. Cinq prêtres commencent l'office dont un français. Je ferme les yeux, les larmes coulent. J'admire le choeur majestueux de dorures "Patrimoine de l'humanité". L'émotion me chavire, je ne sais à qui m'adresser : saint Jacques, Notre Père, ou la Vierge. Je me sens tout petit, je sanglote, je suis là, bien là, réalisant le souhait d'une partie de ma vie. Je communie et offre ce bonheur à tous ceux que j'aime, avec le regret de ne pas avoir vu le légendaire "botafumeiro" en action."

 

"Que chaque goutte de pluie sur mon visage soit un merci"

Charles dit encore : "Un pèlerinage en fait on le fait trois fois" : 

- 1ère fois : "Préparation durant deux ans, où je me suis mis en état physique, j'ai essayé de comprendre l'itinéraire de ce disciple du Christ, Jacques le Majeur. J'ai étudié les étapes à accomplir... J'étais dans le pèlerinage."

 

- 2e fois : "C'est lorsque nous le faison réellement. Pour moi 16 jours."

 

- 3e fois : "C'est celui que je vis depuis mon retour, par les pensées, les souvenirs, les explications."

 

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