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Tous les jours, 
pendant la durée du confinement,
suivez le commentaire de l'Évangile
par Mgr Bruno GRUA

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Publié par Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie

 

 

Programmation spéciale confinement

LIRE L'EVANGILE EN CLIQUANT ICI
"Il siégera sur son trône de gloire
et séparera les hommes les uns des autres"
(Mt 25, 31-46)

 

 

 

La "fête du Christ-Roi de l'Univers" marque exactement la fin de l'année liturgique. En quelque sorte, en une ultime acclamation, nous célébrons Celui que nous avons suivi tout au long de l'année, qui nous a nourris et portés de sa Parole, de son enseignement, du Pain de vie, Jésus, le Christ, mort et ressuscité. Et nous entrons dans une nouvelle année liturgique, l'année B, au cours de laquelle nous lirons l'évangile de Marc. 

Marc a été auditeur de Paul, puis de Pierre, et son évangile, le plus court des quatre, principalement destiné aux nouveaux chrétiens en dehors du Judaïsme, les "païens", répandus dans les grandes cités de l'Empire, se présente comme la catéchèse fondamentale, l'essentiel, dans un style direct et concis. Les faits, pas de grand discours !

La liturgie, en cette fête, propose donc le célèbre tableau du "Jugement dernier" en Matthieu 25, dont Jean-Paul II dira : "A la fin de nos jours terrestres, c'est à l'aune de ces paroles que nos vies seront pesées". Le jugement dernier de Michel-Ange, dans la chapelle Sixtine au Vatican, est la plus célèbre représentation de cette scène, qui a aussi inspiré beaucoup de tympans romans, dont celui de Conques parmi les plus célèbres. La composition de Michel-Ange est parcourue d'un vent de terreur, d'un tremblement. Elle est plus marquée par la colère de Dieu que par la mansuétude évangélique. Mais il reste que son oeuvre est une ultime et fougueuse profession de foi de l'orthodoxie catholique médiévale. L'âme de Michel-Ange était assombrie par les désordres de la cité pontificale. Son oeuvre est un cri.

En suivant le texte

  • En Palestine, brebis et chèvre passaient ensemble. Le soir, le berger les sépare. Le jugement consiste en un tri qui traverse aussi l'Eglise composée de bons... et de moins bons.
  • Les actes de charité évoqués correspondent à des listes juives. Le juif pieux considère les bonnes oeuvres comme une imitation de la conduite de Dieu. Les justes sont surpris. Ils n'ont pas réalisé qu'en servant les pauvres, ils servent Jésus, leur Roi. Jésus s'identifie à tous les humiliés. "A moi, vous l'avez fait".
  • Le second dialogue reproduit le même schéma, avec la même surprise. En négligeant le malheureux tu n'as pas servi son Roi.
  • Les actes de charité répétés comme en refrain concernent les atteintes les plus fondamentales à la dignité humaine, comme nous le rappelle actuellement la situation sociale et sanitaire : la nourriture, la marginalisation sociale, la maladie, la privation de liberté, de domicile... (selon les estimations, on dénombre aujourd'hui 300 000 sans abri en France).

En bref

Le jugement dernier de Dieu ménage deux surprises. 

La première c'est que le jugement a déjà eu lieu ! Tout s'est déjà décidé pour ainsi dire à notre insu, dans notre relation au prochain. Cela en effet se décide aujourd'hui dans nos approches, dans les six situations de détresse évoquées par Jésus : les affamés, les assoiffés, les étrangers, les nus, les malades, les prisonniers. Il y a là toutes les formes de pauvreté et de souffrance de toujours.

La deuxième surprise est que Dieu s'identifie à celles et ceux qui sont dans la détresse. "Ce que vous avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait". Comme il est facile de ne pas voir son prochain. Devant Dieu, l'omission du "bien" pèse plus lourd que l'action mauvaise. On peut se consoler de n'avoir jamais tué personne ! Mais est-ce suffisant devant Dieu si nous n'avons pas trouvé de temps pour les malades, les nécessiteux... Le péché d'omission n'est pas exactement un oubli, une distraction !

Plus exactement, on "s'est oublié", trop occupés de nous-mêmes et de nos désirs. Qu'est-ce qu'une foi qui ne se concrétise pas dans l'obéissance au commandement de l'amour ?

L'Eglise se voit ainsi conviée à une cohérence étroite entre son discours et ses actes.

"La grande douleur des pauvres c'est que personne n'a besoin de leur amitié". Confidence d'une personne indigente à Maurice Zundel (philosophe et théologie). "La Croix" du 23 avril 2010 (article de Sylvie Germain)

Abbé Jean Cheminade
Doyen de la Châtaigneraie

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