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Publié par Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie

Si le baptême des cloches est de nature symbolique, il rappelle leur pouvoir sacramentel.

Les cloches jouent un rôle important dans la vie de l'Eglise depuis de nombreux siècles, servant notamment de moyen de communication pour les prêtres et les diacres afin d'appeler les fidèles à la prière. Leur importance devient telle qu'une véritable célébration est instaurée pour les bénir, que nombreux appellent un baptême.

En France, on parle de "baptême" en effet pour la bénédiction des cloches depuis le XIe siècle. A l'origine, la cloche était lavée avec de l'eau bénite par l'évêque avant de recevoir des onctions d'huile des malades et de Saint-Chrême (un mélange d'huile d'olive et de parfum). Un encensoir était ensuite placé sous la cloche. L'évêque priait alors pour que ces sacramentaux puissent, au son de la cloche, mettre en fuite les démons, protéger des tempêtes, et appeler les fidèles à la prière.

Bien que l'on parle de "baptême" pour la bénédiction des cloches, il ne s'agit pas d'un sacrement, mais d'une expression communément admise pour décrire cette cérémonie particulière en usage pendant plusieurs siècles. Aujourd'hui encore l'évêque ou le prêtre utilise l'eau bénite pour bénir les cloches, même s'il ne les lave plus entièrement.

Les extensions des sacrements

Ce cérémonial souligne le pouvoir sacramentel des cloches, lié aux sacramentaux qui sont des bénédictions, ou des objets bénis par l’Église dans le but de sanctifier nos vies et de nous conduire aux sacrements. Autrement dit, des signes sacrés qui nous procurent la grâce (une aide spirituelle) par l’intercession de l’Église.

On peut également décrire les sacramentaux comme des extensions des sacrements : ils ne sont pas des sacrements en tant que tels, mais ils découlent des sept sacrements et ont pour but de nous ramener à eux. On peut comprendre facilement pourquoi les cloches sont considérées comme des sacramentaux, dans la mesure où elles nous mènent directement à la célébration de l’Eucharistie, en nous appelant à la messe le dimanche mais aussi tout au long de la semaine.

Le texte de la bénédiction solennelle des cloches évoque justement ce rôle. En voici un court extrait :

« Les cloches sont liées à la vie de la communauté chrétienne. Leur sonnerie marque les temps de la prière, rassemble le peuple pour les célébrations liturgiques, avertit les fidèles des joies et des peines de chacun, à l’occasion des baptêmes, des mariages et des enterrements, mais aussi des événements graves qui affectent la vie de l’Église et celle de la cité. […] Ainsi, en entendant les cloches, nous nous souviendrons que nous sommes une famille, et en écoutant leur appel, nous nous rassemblerons pour manifester notre unité dans le Christ. » (Le livre des Bénédictions de 1988).

En octobre 2012, Monseigneur Bruno Grua, évêque de Saint-Flour, a béni une troisième cloche dédiée à Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus pour l'église du Rouget. Dans son homélie, Monseigneur Grua précisait le sens symbolique de ce choix : "Quelle est l'utilité de la cloche sinon d'appeler et de rassembler les fidèles pour les temps forts de la vie communautaire ? Un appel qui rejoint chacun et permet à tous de partager les joies et les peines de chacun de ses membres, qui annonce aussi parfois les grands événements de la vie civile. Un appel qui rassemble pour l'écoute de la Parole de Dieu, pour la communion au corps et au sang du Seigneur, pour la prière commune... Les cloches viennent rappeler à tous, même à ceux qui font leur marché, qu'au milieu d'eux vit une communauté chrétienne et qu'elle célèbre le dimanche... L'église ouverte, le son des cloches et surtout bien sûr le rassemblement de la communauté chrétienne, sont des signes missionnaires... Oui, qu'elle sonne cette cloche à toute volée mais surtout que vos vies tintent de l'amour du Seigneur et en témoignent."

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