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Publié par Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie

Les reliques dans la cathédrale Saint Pierre

On ne sait rien de bien précis sur le saint patron du Diocèse, hormis son nom et ses reliques conservées à la cathédrale. Son culte est attesté à partir du Xe siècle. Mais la tradition le rattache aux origines de l'évangélisation de notre région, sans doute vers le Ve siècle.

La légende médiévale en a fait l'un des soixante-douze disciples du Christ. Saint Flour, appelé aussi saint Florus, aurait été envoyé par saint Pierre d'abord à Lodève dont il serait devenu le premier Evêque. Il aurait ensuite rejoint notre région, et aurait évangélisé nos ancêtres dans le lieu qui porte aujourd'hui son nom. Quoi qu'il en soit de la véracité historique de la légende, elle est néanmoins porteuse de sens. Nos pères ont eu le souci de rattacher leur évangélisation aux apôtres, aux temps apostoliques, les apôtres, ces colonnes de l'Eglise, ces sources premières de la diffusion de l'Evangile dans le monde entier. 

Prêchant la foi dans le Languedoc et l'Auvergne, il est martyrisé vers 389. Enterré en Auvergne, son tombeau est à l'origine d'une abbaye fondée au XIe siècle par saint Odilon, cinquième abbé de Cluny. C'est autour de cette abbaye que se développera la ville de Saint-Flour, aujourd'hui siège du diocèse coïncidant avec le département du Cantal.

De nouveaux éléments présentés concernant saint Flour

Jean-Luc Boudartchouk, historien et archéologue, et Sylvie Duchesne, anthropologue, ont poursuivi leur enquête sur les origines de Florus. Leur travail a été présenté lors d'une conférence en mars 2019.

Comme nous venons de le voir, saint Flour serait venu d'Orient en Auvergne pour évangéliser la région de Lodève. Sur son chemin, il aurait accompli quelques miracles, comme faire jaillir une source du sol (que l’on ne parvient pas à situer). Arrivant au mont Indiciac (ancien nom de la ville), il aurait escaladé la barrière rocheuse, découvert dans la neige les plans de l’église tout dessinés, puis se serait installé dans la ville. Mais il s’agit probablement de légendes : le nom de la ville aurait été changé en Saint-Flour à l’arrivée des reliques.

À Lodève même, les souvenirs de saint Flour sont peu nombreux. Une crypte se trouve dans l’église de cette ville, où une plaque mentionne son nom. Les reliques de Florus y ont peut-être été conservées un temps. La première mention du corps de l’évêque se trouvant à Saint-Flour date de 1013 - 1021, dans un acte de donation de l’église de Saint-Flour du mont Indiciac à la famille de Brezons.

Saint Flour et saint Fleuret d'Estaing : une même personne ?

Parmi les autres points abordés, celui de l'étrange similitude entre saint  Fleuret d'Estaing, un autre évêque auvergnat, et saint Flour. "Nous avons envisagé qu'il puisse s'agir d'une seule et même personne", admet Jean-Luc Boudartchouk. Leur nom, leur proximité et leurs fonctions similaires au sein de l'Eglise prêtaient à confusion. Pour expliquer ces ressemblances, le chercheur suggère plutôt que les différents Florus sont issus d'une grande famille ancienne. Autre coïncidence : le même orfèvre a confectionné les reliquaires de ces deux hommes religieux. Grâce aux ossements situés à l'intérieur, une étude au carbone 14 a permis de montrer que "notre" Florus vivait aux alentours de l'an 300, tandis que "l'autre" serait décédé durant la deuxième moitié du Ve siècle. Et l'historien d'ajouter : "Il pourrait s'agir des plus anciens ossements attribués à un évêque des Gaules".

Tout ce travail s'est appuyé sur des bulles papales et autres récits d'époque, ainsi que sur l'oeuvre d'historiens tels que Marcellin Boudet. Il faudra attendre encore une année pour voir ces résultats scientifiques publiés. Pour l'heure, il est possible de retrouver le fruit de ces recherches au sein de la médiathèque municipale de Saint-Flour.

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