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Publié par Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie




Programmation spéciale confinement

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"Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre"

(Mt 28, 19a.20b)


 

 

Il est acquis que nous pourrons célébrer dans les églises pour la Pentecôte, conclusion du temps pascal puisque le juge des référés du Conseil d'Etat a ordonné au Gouvernement le 18 mai dernier de lever l'interdiction générale et absolue de réunion dans les lieux de culte et d'édicter à sa place des mesures strictement proportionnés aux risques sanitaires et appropriées en ce début de "déconfinement". Nous remercions chaleureusement l'abbé Jean Cheminade, doyen de la Châtaigneraie, de nous avoir accompagné durant toute cette période pas comme les autres en apportant son éclairage sur les évangiles dominicales et de la Semaine Sainte.

HOMELIE
L'Ascension
Où le chercher ?

Nous approchons de la fin du temps pascal. Temps favorable pour la recherche de Dieu. La liturgie de l'Ascension dit quelque chose de cette recherche.

Le matin de Pâques, près du tombeau du Christ, question de l'ange : "Pourquoi chercher parmi les morts celui qui est vivant ?" (Luc 24, 5).

Le matin de l'Ascension, aux Apôtres immobiles, les yeux fixés au ciel, deux anges ("deux hommes en vêtements blancs") demandent : "Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ?" (Actes 1, 11)

Deux messages... Chercher le Christ... Ni sous terre, ni dans les nuages...

Le chercher sous terre ? Joseph d'Arimathie et Nicodème l'ont lié de bandelettes... Les saintes femmes l'ont couvert d'aromates pour le "préserver de la corruption".

L'envelopper dans un linceul comme le talent de la parabole... Et on va l'enterre de peur de le perdre... Rendre au Christ un culte nostalgique comme à un cher disparu... Le chercher sous terre... Et il n'y est pas !

Dans les nuages ? Quand la prière est évasion hors du réel, un refuge à la mélancolie, l'asile de nos états d'âme...

Nous le cherchons dans le ciel quand la prière nous détourne de nos frères les hommes... "Comment peux-tu dire que tu aimes dieu que tu ne vois pas, si tu ne sais aimer ton frère que tu vois" (1 Jean 4, 20).

Il est facile de se duper en croyant aimer l'invisible. De l'invisible au néant, il n'y a qu'un souffle. Le souffle de l'égotisme. Or "l'invisible" s'est donné à voir, à toucher, à entendre, à aimer... Le croyant n'est pas dans le passé, dans la nostalgie, dans le rêve, dans l'exaltation de ses humeurs, toutes choses dérivées de la "vie dévote", si loin de l'homme du "Royaume est parmi vous" ! Au diable intégrismes, nostalgies, artisans des restaurations, charlatans de l'illusion ! A relire la phrase du philosophe Etienne Borne : "L'intégrisme est une nostalgie du passé qui se prend pour une référence à l'Eternel".

Passé révolu ! C'était l'attitude des tristes disciples d'Emmaüs, avant de reconnaître le "Vivant" dans la fraction du pain.

Attente stérile d'un avenir lointain... L'attitude figée des disciples au moment de l'Ascension...

Alors ! Où chercher le Christ puisqu'il est vain de le cherche sous terre et inutile de le cherche au ciel ?

Le Christ est là, là, présent à notre monde, compagnons de nos vie, conscience enfouie au plus creux de nous-mêmes ! Il y a la belle méditation de Maurice Zundel sur le "lavement des pieds"... C'est le dernier repas. Le Christ à genoux aux pieds des disciples s'en remet à la conscience de chacun désormais porteur de sa personne et de son message... Le Christ à genoux devant l'homme ! L'humilité de Dieu. "Le très haut s'est fait le très bas".

Certes nous n'avons pas vécu une Semaine Sainte rassemblée. Peut-on risquer de dire que le "lavement des pieds" ce fut tous les jours, et c'est encore, dans les hôpitaux... Mais ce fut peut-être un temps de grâce pour intérioriser le Mystère Pascal et manifester de bien des manières l'espérance qui nous habite. Certes ici ou là, de quelques fraîches calottes, est monté comme un cri : "notre messe, notre messe", comme Harpagon "ma cassette, ma cassette". La messe réduite à une pieuse dévotion... Ne jamais oublier : "l'Eglise fait l'Eucharistie, l'Eucharistie fait l'Eglise". Elie Wiezel, en camp de concentration, a vu le Christ dans les corps pendus et déchiquetés... Je te donne dix shekels dit le rabbin à l'enfant si tu me dis où est Dieu... Et moi je t'en donne vingt répond l'enfant si tu me dis où il n'est pas.

Le Christ présent dans l'Eucharistie, son corps mystique. Présent dans la communauté chrétienne, son corps réelle. Présent dans toute âme humble et servante qui est son lieu privilégié.

Abbé Jean Cheminade

« Il suffit d’un coquelicot
Poussé de moi hors du tombeau
Pour m’en retirer
Et pour célébrer
Le Ressuscité qui me rend
Mon brin d’aube ma fleur aux dents
Le don de vivre de la gloire
De l’éternel quotidien
La foi renée chaque matin
D’une inconcevable victoire »

Du poète Pierre Emmanuel

« Evangéliaire »

 

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