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Tous les jours, 
pendant la durée du confinement,
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par Mgr Bruno GRUA

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Publié par Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie

Programmation spéciale confinement

Le lavement des pieds
Saint Jean XIII 1-15

L’antique hymne chrétienne pendant le lavement des pieds donne sa signification à ce geste de service fraternel : « Ubi caritas et amore, deus ibi est » (Là où sont amour et charité, là est Dieu). Autrement dit la conception chrétienne de l’amour est contenue dans ce geste et dans cette parole. A savoir : 

- Celui qui sert n’est pas inférieur à celui qui est servi. Aimer, et se laisser aimer. Se laisser aimer est offrande de soi. Pierre s’attire cette réplique : « Si je ne te lave pas, tu n’auras point de part avec moi ». De même qu’il y a une manière captative d’aimer, qui est en réalité de l’amour-possession, il y a une manière oblative d’être aimé. C’est une grande intuition chrétienne.

- Celui qui sert par amour trouve le bonheur, car il a découvert, par-delà ses pesanteurs, la tendance la plus profonde de son être. Et nous savons bien que notre tristesse vient de ne pas savoir aimer, de ne pas pouvoir aimer, de ne pas vouloir aimer. Un héros du théâtre de Camus, lassé de l’idéal révolutionnaire s’écrie : « Je suis triste, j’ai besoin d’être aimé » (« Les Justes »).

- Celui qui aime connaît Dieu. Si nous nous plaignons de ne pas connaître Dieu, si nous lui reprochons d’être sourd à nos prières, si nous déplorons le silence de Dieu, ne serait-ce point parce que nous n’aimons pas assez… Dans une lettre, le grand peintre Van Gogh, écrivait à son frère : « Je suis toujours porté à croire que le meilleur moyen pour connaître Dieu, c’est d’aimer beaucoup ». Et que dit Saint Jean, dans sa première lettre, qui est en quelque sorte le testament spirituel de celui dont les évangiles attestent qu’il a été particulièrement proche de Jésus : « Quiconque aime est né de Dieu, et connaît Dieu. Qui n’aime pas n’a pas connu Dieu car Dieu est amour ».

Jésus insiste par une question : « Avez-vous compris ce que je viens de faire? ».

Les deux gestes du lavement des pieds et du partage du pain sont une même expression, et, nous le savons, chez Saint Jean c’est le lavement des pieds qui « tient lieu » de récit de l’institution de l’Eucharistie. Ce double geste accompli par le Seigneur nous enseigne qu’il n’est pas de communauté sans service. En lavant les pieds, le Christ prend le rôle de serviteur. En partageant le pain, son propre corps, le Christ s’identifie au Serviteur. Dans les deux cas, il s’offre, il est totalement au service de la communauté que sa vie publique a réunie autour de lui, que sa mort va disperser, que sa Résurrection va faire éclater comme un germe. Et c’est ainsi qu’en chaque Eucharistie, nous célébrons la « mort-résurrection » du Seigneur. Tel est le vrai sens de l’Eucharistie.

Si nous prolongeons, nous comprenons mieux alors que toute autorité dans l’Eglise n’est pas à proprement parler un pouvoir au sens commun, mais un service d’une « Eglise-communion ».

Sans doute, beaucoup vivent l’expérience d’un service dans la vie sociale, associative, politique, dans la générosité et le dévouement. La perspective chrétienne est encore au-delà, dans l’offrande de soi. (Saint Paul).

Ainsi, chaque fois qu’un prêtre prononce ces paroles : « Ceci est mon Corps, ceci est mon Sang », il s’identifie d’une certaine manière à Celui qui les prononça, comme celle du Christ, sa vie est donnée à ses frères. C’est pourquoi le Jeudi Saint est la fête du Sacerdoce. « Les mains de quelques hommes choisis ne cesseront plus d’élever jusqu’à la fin du monde l’Agneau de Dieu qui efface les péchés du monde » (François Mauriac « Le Jeudi Saint »).

Ainsi, chaque fois qu’un chrétien participe au Corps et au Sang du Christ, il répond AMEN, non seulement pour affirmer sa foi en cette présence mais aussi pour s’engager à servir à la suite du Christ.

Depuis Vatican II, on parle volontiers de l’Eglise « servante et pauvre » : ce n’est pas une mode passagère, une adaptation au goût du jour. C’est la vocation originelle et substantielle de l’Eglise.

Seigneur, que le rite du lavement des pieds que nous accomplissons, que le sacrement de l’Eucharistie que nous célébrons, expriment mieux notre volonté de nous mettre au service de nos frères et de nous aimer les uns les autres.

Abbé Jean Cheminade
Doyen de la Châtaigneraie

P.S. : A l’époque médiévale, il fut question de faire du lavement des pieds un sacrement de l’Eglise.

« Ah creuse-nous toujours plus
Affame-nous de néant
Et qu’enfin n’étant rien de rien
Notre néant soit converti
En boulimie du Saint Esprit »

Pierre Emmanuel
« Evangéliaire »

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