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Publié par Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie

Programmation spéciale confinement

L'abbé Michel Malvezin, curé de la paroisse Sainte-Marie en Sumène-Artense sur le doyenné de Mauriac, nous a autorisé à publier son homélie de la Veillée Pascale. Nous le remercions chaleureusement pour cette participation !

 

"Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié.
Il n'est pas ici, car il est ressuscité, comme il l'avait dit."

(cf. Matthieu 28, 1-10)

Oui, frères et soeurs, Jésus est vivant ! Jésus est vivant !

Avec ces trois mots, tout est dit de la foi des chrétiens ; tout est dit de notre foi, à nous qui sommes rassemblés par la pensée, la prière grâce aux moyens des réseaux sociaux en ces temps de pandémie pour cette grande fête de Pâques, la plus grande et la plus solennelle de l'année.

"Jésus le Crucifié est ressuscité !". Voilà le coeur de notre foi, ce qui tient tout le reste, ce sans quoi tout le reste n'est qu'une belle illusion : "Si le Christ n'est pas ressuscité, écrit saint Paul, alors notre foi est vide...". "Jésus le Crucifié est ressuscité !". Voilà l'incroyable bonne nouvelle qui, depuis vingt siècles, fait se lever des hommes et des femmes, qui les invite à changer de vie et qui les invite aussi à transformer le monde, et qui maintient leur espérance aux heures les plus sombres de leur vie.

"Jésus le Crucifié, il est ressuscité !"
C'est une nouvelle si peu banale qu'elle a de quoi nous faire trembler... car le Christ qui est ressuscité, ce n'est pas un fantôme, mais ce Jésus bien concret dont nous parlent les Evangiles, ce Jésus qui a parcouru la Galilée en luttant contre la maladie et le mal sous toutes ses formes, ce Jésus qui a dénoncé l'hypocrisie des Pharisiens, ce Jésus qui a mangé avec les pécheurs et qui a côtoyé des hommes et des femmes de mauvaise réputation, ce Jésus, enfin, qui a parlé de Dieu comme jamais encore personne n'avait osé en parler en Israël.
Quand on y pense, il y a de quoi trembler ! Car en cette fête de Pâques, nous ne célébrons pas la victoire de la vie en général sur la mort, nous ne fêtons pas le retour du printemps après l'hiver, nous ne fêtons pas la résurrection quasi-automatique de toute vie … Ce n'est d'ailleurs pas vrai : toute vie ne triomphe pas de la mort. Vous le savez bien comme moi: il y a des existences tellement dominées par la haine, la rancune et la violence, qu'on ne voit pas bien comment elles pourraient ressusciter, si tant est -comme le dit clairement saint Jean - que seul l'amour peut franchir la mort.
Pâques, souvenons-nous en, veut dire passage… passage de l'oppression à la liberté, passage de la mort à la vie. Mais toute mort n'est pas passage ! C'est dur à dire, mais il y a des morts qui ne débouchent sur rien du tout, des morts qui demeurent des impasses. Non, à Pâques, nous ne disons pas que la vie - quelle qu'elle soit - est plus forte que la mort. Nous disons que la vie de Jésus, la vie à la manière de Jésus, et celle-là seulement, est plus forte que la mort. C'est cette vie là, et pas une autre, qui est ressuscitée ! "Ce Jésus, disait saint Pierre, ce Jésus que vous avez crucifié, Dieu l'a ressuscité. Nous en sommes témoins."

"Jésus, le Crucifié, il est ressuscité !"
C'est une incroyable nouvelle qui nous fait un peu peur, tant elle nous oblige à vérifier la qualité de notre vie : "Celui qui n'aime pas, écrit saint Jean, reste dans la mort." Mais pour nous qui voulons vivre à la manière de Jésus de Nazareth, qui croyons que la vie vaut la peine d'être vécue et totalement assumée, c'est une fantastique bonne nouvelle que cette affirmation de la foi !

"Jésus, le Crucifié, il est ressuscité !"
Cela veut dire que ce qu'il a dit, ce qu'il a fait, ce qu'a vécu Jésus de Nazareth était trop fort, trop dense, pour disparaître à tout jamais avec sa mort.
Ce Jésus que les hommes ont voulu faire disparaître, Dieu l'a ressuscité et il lui a ainsi donné d'ouvrir une brèche dans tous nos horizons bouchés. Désormais, grâce à ce Jésus et à sa résurrection, il nous est possible d'espérer. Il n'y a pas de fatalité à laquelle il nous faille nous résigner. La mort elle-même n'est pas le dernier mot de Dieu. Cela vaut la peine de combattre le mal, car il ne durera pas toujours. Dès maintenant, Dieu nous donne en Christ les armes de sa victoire.

"Jésus, le Crucifié, il est ressuscité !"
Cela veut dire que cette vie pleine de goût et à la saveur d'éternité, cette vie que les hommes ont cru pouvoir anéantir, à laquelle ils ont cru pouvoir mettre un terme en la clouant à la croix, elle traverse la mort sans s'y arrêter. Voici que Dieu, qui s'était engagé envers Jésus, le fait resurgir et lui donne de triompher de la mort. Non, le dossier Jésus n'est pas classé ; l'affaire Jésus continue ! Car son pardon est plus fort que nos péchés ; sa vie est plus forte que notre mort. 

"Jésus, le Crucifié, il est ressuscité !"
Cela veut dire que cette voix qui a crié le pardon des offenses et l'amour des ennemis, cette voix qu'on a voulu bâillonner, voilà qu'elle retentit à nouveau, et cette fois-ci, non plus seulement en Palestine, mais partout où les disciples du Ressuscité iront !

"Jésus, le Crucifié, il est ressuscité !"
Cela veut dire que cette passion pour l'homme qui animé Jésus et qui s'est traduite par des gestes de guérison et de pardon en faveur de tous les boiteux, lépreux et autres souffrants, cette passion pour l'homme qui lui interdisait de désespérer de quiconque, cette passion pour l'homme - Dieu en est le garant - cette passion est plus forte que la mort.

"Jésus, le Crucifié, il est ressuscité !"
Cela veut dire que cette tendresse de Dieu, si souvent manifestée par le regard bienveillant de Jésus posée sur Zachée, Marie-Madeleine, le jeune homme riche et tant d'autres, une tendresse que la mort et le tombeau semblaient avoir vaincue, cette tendresse de Dieu continuera à se manifester aux disciples de Jésus. Mais cette fois-ci, ce sera beaucoup plus qu'un regard - même bienveillant - posé sur eux. Ce sera l'Esprit-Saint, le Paraclet, le Consolateur, qui, de l'intérieur, les réconfortera et les encouragera.

"Jésus, le Crucifié, il est ressuscité !"
Cela veut dire que corps de Jésus, qui a su si bien exprimer une vie toute tournée vers Dieu et vers les autres, une vie donnée, une vie livrée... Ce corps qu'on a voulu détruire et faire disparaître, il est ressuscité ! Mais désormais ce ne sont plus quelques privilégiés, quelques familiers ou quelques proches qui peuvent le voir, le toucher et manger avec lui. Le corps du Christ ressuscité, c'est l'Eglise. Et chacun peut la voir, la toucher et manger avec elle. C'est ce que nous allons faire encore cette nuit de Pâques en célébrant l'Eucharistie, unis à vous tous, chers paroissiens et chers amis.

"Jésus, le Crucifié, il est ressuscité !"
Et avec lui, c'est tout ce qu'il a dit, fait et vécu qui ressuscite : sa vie pleine de goût, ses paroles sur le pardon et l'amour, sa passion pour l'homme, sa tendresse, son corps enfin. 

Alors frères et soeurs chrétiens, en cette nuit de Pâques, entendons l'appel que Dieu nous adresse : vivons à la manière de Jésus, car lui seul peut nous entrevoir dès maintenant ce qu'est la résurrection. Il a ouvert pour nous une brèche. La pierre du tombeau a été définitivement roulée. Il ne tient qu'à nous de suivre ses pas.

De notre vie comme de notre, faisons non pas une impasse, mais bien un passage... une pâque à la suite de Jésus !

A vous tous, bonne et Sainte Fête de Pâques !

Abbé Michel MALVEZIN

 

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Vivre la Veillée Pascale à 21h00
présidée par Monseigneur Bruno Grua, évêque de Saint-Flour

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