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Publié par Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie

Programmation spéciale confinement

L'abbé Michel Malvezin, curé de la paroisse Sainte-Marie en Sumène-Artense sur le doyenné de Mauriac, nous invite à méditer l'évangile de ce Vendredi Saint (Passion de Notre Seigneur Jésus Christ - Jn 18, 1 - 19, 42)Nous le remercions chaleureusement pour cette participation dans la situation actuelle où chacun doit vivre la Semaine Sainte à son domicile.

 

Au cœur de la foi chrétienne, il y a ce que nous venons d’entendre : le récit d’un ECHEC, d’un fiasco complet.

Ce récit de l’échec de Jésus le Fils de Dieu est bien le noyau central, fondamental, de l’Evangile, de la « Bonne Nouvelle ».

Mais cet échec n’est pas isolé dans la Bible, il n’est pas nouveau !

Tout l’Ancien Testament nous raconte une succession d’échecs : échec dès le départ avec le récit du péché d’Adam, échec des élus de Dieu, de ce petit peuple qui s’en va comme esclave en Egypte, comme esclave à Babylone, échec d’une royauté idolâtre, échec des envoyés de Dieu, les prophètes…. La Bible a-t-elle une autre fonction que de nous raconter l’échec de Dieu ?

Ce Dieu- là, le Dieu biblique, se montre différent des autres Dieux en ce qu’il échoue ! Il échoue à s’imposer, à nous imposer ce qu’il est, à nous imposer l’amour. Parce que dire « je t’aime », c’est dire justement « tu peux me faire échouer ».

Tel est le vrai Dieu, Celui- là qui est vivant : un Dieu tenu en échec par l’homme.

Mis en échec et pourtant vainqueur. Car si ce Dieu – là n’était pas tout-puissant, il ne mériterait pas le nom de Dieu ; ce serait parler pour ne rien dire. Où se cache donc sa puissance, son POUVOIR ? Au cours d’une persécution, un juge romain disait à un chrétien : « Sais-tu que j’ai le pouvoir de te mettre à mort ? » ; l’autre répondit : « Mais savez-vous que j’ai le POUVOIR d’être mis à mort ? » Dieu a le même pouvoir de mourir.

L’amour est plus puissant que la mort, il traverse la mort, il se fraie un passage là où nous ne voyons rien.

Notre Dieu n’évite pas l’obstacle, il ne le contourne pas, il le traverse, il n’évite pas l’échec, il le traverse, il n’évite pas la mort, il la traverse….

Il n’a rien à redouter, à éviter, à contourner, il traverse, il passe, il est Dieu.

Au passage, il nous frôle, l’Amour a effleuré le monde. Et après, c’est comme avant....

Et tout l’enjeu est là, de notre côté : sommes-nous capables de prêter attention à cet échec, à ce raté, à ce presque rien ?

Il ne reste que cette question : sommes-nous capables d’amour, nous ?

Abbé Michel Malvezin

 

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