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Publié par Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie

Programmation spéciale confinement

Depuis quelques semaines nous vivons avec la progression du COVID 19, une situation totalement imprévue et inédite qui nous déstabilise profondément. Nos agendas se sont subitement vidés. Nos rythmes de travail sont totalement perturbés. Nos vies de famille doivent être repensées, avec la fermeture des écoles et toutes leurs conséquences en cascade.

L'inquiétude est grande pour l'avenir de nos activités professionnelles, de nos ressources, de nos emplois. La vie sociale en est profondément impactée : des distances s'imposent entre les personnes, les occasions de convivialité qui habituellement nous réjouissent et font la joie de nos vies apparaissent soudain comme autant de dangers. Aucun secteur de nos vies personnelles et collectives n'échappe à la menace. Relations internationales, transports, activités économiques, vie culturelle et sportive, exercice du culte, échanges familiaux, santé... Tout se fige, l'étau se resserre. L'incertitude engendre l'angoisse.

Nous pensons d'abord aux victimes atteintes par la maladie, à leur famille, à celles et ceux qui à l'hôpital luttent contre une agression sévère, à ceux qu'inquiète la découverte de leur situation après un dépistage positif. Nous pensons à tout le personnel de santé qui travaille pour nous au-delà du raisonnable. Nous pensons à nos gouvernants, à tous les échelons de la hiérarchie, qui doivent faire preuve de pondération dans leurs analyses, de détermination dans leurs décisions. Notre prière veut soutenir les uns et les autres. Nos communautés chrétiennes sont elles aussi, comme telles, profondément affectées par la suspension de leurs activités pastorales et plus encore peut-être celle de leurs célébrations liturgiques, en ce temps fort du Carême, à l'approche des fêtes pascales, alors même que la situation appellerait à la proximité, à l'échange, à la prière commune. Il n'est pas question de déroger aux décisions prises par les pouvoirs publics. Elles s'imposent absolument, sans discussion. Nous pouvons leur donner spirituellement du sens en les vivant non pas comme une simple contrainte mais un Sacrifice, au sens fort du terme, offert en union avec celui du Christ pour le salut de tous. Nous inventerons d'autres manières de faire communauté pour un temps, moins visibles, plus intérieures. Bien des moyens nous sont offerts pour communier avec l'Eglise en prière : lecture quotidienne des textes liturgiques, prières du chapelet ou des offices, proposée par KTO, messes télévisées ou radiodiffusées, visite régulière à l'église (elles restent ouvertes).

Nous ne pouvons plus vivre, comme nous le souhaiterions, la charité du Christ en visitant les malades et les personnes âgées. La prudence nous demande de nous en abstenir, pour eux et pour nous. Mais nous saurons continuer à nous montrer proches par un coup de fil, un mail, une aide pour les courses indispensables... Les plus jeunes d'entre nous seront particulièrement sollicités. Ne laissons pas le Coronavirus dissoudre les liens de nos communautés.

Nous ne sortirons pas de cette épreuve sans nous poser des questions fortes sur notre condition humaine et sur l'orientation de nos sociétés. Elles apparaîtront avec le temps. J'en pointe déjà deux qui s'imposent :

- cette pandémie affecte la planète entière et vient ébranler toutes nos certitudes. Notre humanité avait acquis, du fait de la science et des technologies un sentiment de maîtrise aux accents prométhéens. Déjà la crise écologique et climatique commençait de lézarder ce bel édifice. Par son caractère subit et universel, cette pandémie nous remet à notre place et nous contraint à prendre conscience de nos fragilités.
Nous ne sommes pas les maîtres de la vie. Elle nous dépasse, semble nous échapper parfois. Cette prise de conscience, lorsque l'homme la vit seul, peut conduire au désespoir. Le croyant peut la vivre dans la confiance. La Vie est entre les mains du Père qui nous aime et nous conduit vers le Bien. Il ne s'agit pas, en disant cela, de prôner un certain angélisme ou fatalisme, mais d'entrer positivement dans le projet de Dieu. Notre prière ne consiste pas à lui demander de nos rendre capables de faire ce qu'Il veut faire pour ce monde. Dieu n'a pas d'autre intelligence et d'autre coeur que les nôtres. Il nous les donne par son Esprit.

- Cette pandémie manifeste également à quel point nous sommes solidaires et dépendants les uns des autres. Cette affirmation peut paraître paradoxale au moment où on nous demande de respecter une "distance sociale", où progressivement les frontières de nos états se ferment... Mais en même temps, il apparaît avec évidence que le salut est dans la solidarité, que la victoire pour tous est dans la discipline de chacun. Notre humanité est une. Nous ne pouvons pas jouer solitaire. C'est un discours auquel nous sommes habitués en Eglise, elle qui est comme le sacrement de l'unité de tout le genre humain. Cela nous crée présentement des obligations particulières et donne un visage concret à notre solidarité humaine.

Prions, chers amis, les uns pour les autres. Soyons proches et solidaires les uns des autres. Traversons l'épreuve avec l'Espérance que nos la foi pascale.

Fraternellement.

+ Bruno Grua
Evêque de Saint-Flour

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