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Publié par Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie

Durant la vigile de Pentecôte, plusieurs milliers d’adultes en France vont recevoir le sacrement de confirmation. Depuis dix ans, leur nombre a quasiment doublé en France. Une augmentation qui se vérifie aussi chez les adolescents.

Malgré les évènements qui secouent l'Eglise catholique dans le monde, le Christ ne cesse d'appeler comme en témoigne l'augmentation permanente des adultes confirmés chaque année depuis dix ans. En 2008, ils étaient 4.342 adultes à avoir reçu le sacrement de confirmation selon un décompte de la Conférence des évêques de France (CEF). Un chiffre qui n'a cessé d'augmenter depuis. En 2013, ils étaient 6.178 adultes confirmés et l'an dernier 8.249. Le témoignage d'un bel élan, d'autant plus que ces chiffres comprennent à la fois les adultes ayant été baptisés enfants et ceux qui ont décidé d'entrer en catéchuménat.

Mais comment expliquer une telle augmentation ? "Elle est corrélée à celle des baptêmes d'adultes, explique Pauline Dewance, directrice du service catéchèse et catéchuménat à la Conférence des évêques de France. Une grande partie des catéchumènes adultes reçoivent ensemble les trois sacrements, le baptême, la communion et la confirmation". Et comme en dix ans, le nombre de baptisés adultes a augmenté de 43% (4.251 adultes baptisés dans la nuit de Pâques en 2019), le contingent de confirmés adultes augmente également. Pour mémoire statistiquement, la moitié des appelés a entre 26 et 40 ans tandis que les 18/25 ans ne représente qu'un petit quart des futurs baptisés.

Le "déclencheur" des catéchumènes

Chez les adolescents, les chiffres sur les confirmations demeurent incomplets, mais une enquête récente sur le catéchuménat concernant cette tranche d'âge nous apprend plusieurs choses sur ce qui les pousse à demander les sacrements de l'Initiation chrétienne. Le "déclencheur" proviendrait généralement de la rencontre avec une personne qui témoigne de sa foi par son "attitude" (47%). La plupart du temps, un ami, un grand-parent ou une figure engagée dans la vie chrétienne.

C’est également souvent à l’occasion de rassemblements (40,5%) ou de camps/pèlerinages (46%) que le désir d’obtenir les sacrements de l’Initiation chrétienne se manifeste. Mais c’est aussi dans les lieux d’Église (18%) comme l’enseignement catholique (26%), les aumôneries de l’enseignement public (24%), des camps (29%) et en paroisse (21%) que le désir naît. Les événements de la vie jouent aussi leur rôle, comme le sacrement d’amis ou de la famille (45%), mais aussi les difficultés de la vie comme le décès d’un proche, une maladie ou encore la séparation des parent (45%).

Nadia, future confirmée :
la Foi est « une force qui m’accompagne »

Nadia  a été baptisé en 2007, à 27 ans par un prêtre lyonnais qui l’a marié également. Mais entraînée par la vie courante, le travail et ses trois grossesses, elle n’avait pas encore fait la démarche de la confirmation qu’elle s’apprête à recevoir ce dimanche de Pentecôte 2019 entourée de son mari et de ses enfants. Quand elle raconte son parcours, c’est le sentiment de force qui frappe son interlocuteur. Une force qui l’a guidé dans son cheminement dans la Foi et dans sa vie, malgré les épreuves.

« Une force qui m’accompagne »

Issue d’une famille mixte, père marocain musulman et mère française catholique, Nadia a eu une éducation ouverte. Ses deux parents, au look « baba cool », sont peu pratiquants et n’imposent rien à leur fille unique. "J’allais à l’école privée catholique en semaine et à l’école coranique le samedi matin ". Mais à 14 ans, Nadia perd sa mère, après 10 ans de maladie et elle se retrouve dans une grande solitude. "Et pourtant, paradoxalement, je me suis toujours sentie accompagnée par une force invisible", raconte-t-elle pudiquement.

Une de ses amies adolescentes de l'époque connait un appel mystique et se met à entraîner Nadia dans les églises. "J'y allais en cachette de mon père car je ne voulais pas le blesser, cela me retenait et pourtant je me sentais vraiment bien assise dans une église, j'y sentais toujours une force qui m'accompagnait". Puis à 16 ans, alors que son père refait sa vie, Nadia est envoyée dans un internat tenu par des religieuses. "Comme j'aimais l'ambiance avec les soeurs ! Je m'y sentais en sécurité, comme si rien ne pouvait m'arriver". Elle trouve chez les soeurs de Cluny un regard bienveillant et attentif. "Elles étaient pleine de bienveillance avec moi, pourtant non baptisée, et très respectueuses vis à vis de mon père".

« Ce que Dieu a uni »

Ce regard, elle le retrouve plus tard, quand elle rencontre à 24 ans son futur mari Thomas, issu d’une famille lyonnaise catholique et pratiquante. "Ma belle-mère m’accueille avec une grande gentillesse et sans aucun jugement", raconte Nadia qui aura le temps de rencontrer son futur beau-père peu avant sa mort. Cette ambiance familiale, malgré le deuil, la décide enfin à demander le baptême quelques heures avant son mariage civil. Son père est absent mais pas la sœur de sa mère, qui devient sa marraine. C’est pendant cette période que Nadia entend cette phrase de l’évangile "ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas". Cette affirmation résonne particulièrement en elle. "J’y sens la force, la puissance et la volonté de Dieu. C’est cette force qu’il m’a donné, il a toujours été là, comme un pilier".

Alors que le temps a filé, pourquoi se faire confirmer aujourd'hui ? "Un petit clin d'oeil du ciel peut-être... En septembre dernier, le curé qui nous a marié est arrivé dans notre paroisse. Il ne m'avait pas confirmé 50 jours après mon baptême car j'étais en voyage de noce ! Puis entre le travail et les grossesses, il me fallait un petit signe pour me remettre en chemin, avec son arrivée, cela m'a semblé évident !"

Nadia a suivi une année de préparation en paroisse avec un groupe de jeunes. "Ils avaient entre 22 et 25 ans, ce qui m’a beaucoup apporté grâce à la différence de nos parcours". "Nous avions des thèmes à préparer, des temps de prières et d’échanges, mais aussi des enseignements théologiques, c’était très stimulant intellectuellement". Et quand on demande à Nadia ce qu’elle attend de sa confirmation, elle répond joliment: "je n’attends rien car je sais que je vais recevoir. Je me sens portée, c’est très fort".

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