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Publié par Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie

Bien-aimés de Dieu,

Nous venions d'entrer dans la Semaine Sainte. La veille, dimanche des Rameaux et de la Passion, beaucoup de fidèles catholiques avaient participé aux célébrations.

La baisse d'affluence que je craignais, suite aux abus sexuels de certains ecclésiastiques n'avait pas eu lieu. Je m'en réjouissais... Mais voilà que le Lundi Saint 15 avril 2019 à 19h40, tous les médias nous apprenaient l'affreuse nouvelle : la cathédrale de Paris brûlait !!! (votre serviteur plumait quelques pigeons qu'il venait d'exécuter !). Ce sont mes voisins qui m'ont téléphoné la terrible nouvelle ! Aussitôt j'allumai le poste de télévision et constatai le désastre en direct ! 

"La sentinelle de l'Occident" comme l'appelait l'écrivain Léon Daudet, Notre-Dame de Paris flambait. Incroyable mais vrai ! La "forêt", c'est-à-dire la charpente de 856 ans partait en fumée. Le toit de la cathédrale n'était qu'un immense brasier. Un tragique incendie était entrain de détruire la grande cathédrale de la France, reconnue universellement comme phare de notre pays. Rivé sur la télévision, je voyais s'écrouler la flèche de Notre-Dame sur les voûtes gothiques de la cathédrale.

Je ne pouvais m'empêcher de laisser couler des larmes de tristesse, le regard médusé devant cet horrible spectacle. Notre-Dame de Paris, l'âme de la France, le coeur de la Nation, rougissait de ses flammes le ciel de Paris.

Cette cathédrale de Paris, voulue par le Père-Abbé Suger, de l'abbaye Saint-Denis et le roi capétien Louis VII qui posa la première pierre, fut bénie par le pape Alexandre III. La construction se poursuivit sous le règne de Philippe-Auguste et s'acheva sous celui encore plus emblématique de Saint-Louis ou Louis IX. Quatre générations de nos ancêtres oeuvrèrent entre la fin du XIIe et celle du XIIIe siècle, pour édifier ce grand vaisseau spirituel dédié à la Vierge Marie, "Notre-Dame", à l'époque où la France illuminait l'Occident par son rayonnement politique, commercial et spirituel.

Cette cathédrale de Paris a vibré aux grands moments historiques du pays. Elle accueillit en son sein tous les rois de France, le pape Pie VII pour l'auto-couronnement de Napoléon 1er, le magnificat donné par le général de Gaulle pour la libération, la venue du saint pape Jean-Paul II en 1987 et celle du pape Benoît XVI en 2008, ainsi que les funérailles présidentielles. En voyant cette cathédrale brûler, c'était aussi la France qui brûlait.

Vers minuit, les pompiers de Paris, admirables dans le dévouement pour sauver l'édifice, comme de valeureux chevaliers, avaient réussi à maîtriser le feu au péril de leurs vies. "Vous avez été exemplaires sous le regard du monde entier", leur dira le lendemain le Président de la République dans la cour de l'Elysée. Nous apprenions aussi que les pompiers avaient sauvé les trésors de la cathédrale : la Sainte Couronne du Christ-Jésus, la Tunique de Saint-Louis et bien sûr le Saint-Sacrement et tous les vases sacrés. Deo Gratias !

Déjà des dons très importants affluaient pour la reconstruction partielle de la cathédrale. L'archevêque de Paris, Monseigneur Michel Aupetit nous disait sur le parvis de la cathédrale "qu'il nous fallait vivre autre la Semaine Sainte, la France morcelée et réunie par cet événement funeste". Toute la soirée, beaucoup de paroissiens, de nombreux jeunes avaient constitué un cordon de prières autour de la cathédrale en feu et soutenaient de leurs chapelets récités les courageux pompiers.

En relisant tous ces événements, je me pose la question du Pourquoi ? Y aurait-il un message du Ciel à comprendre ? D'abord, premier miracle, pas de victimes à déplorer, ni fidèles, ni pompiers. L'incendie remue notre histoire nationale et secoue notre présent. Les siècles passés sur cette bâtisse apparemment inébranlable, avaient fini par faire oublier à la France que son joyau était si fragile. La déchristianisation du pays, orchestrée par les politiques de tous bords n'était pas si certaine : "chassez le religieux, il revient au galop."

La crise interne que traverse l'Eglise en ce moment, en essayant de "camoufler" les scandales, devrait nous pousser à une grande purification intérieure. Autre signe des temps : le toit a flambé, la flèche s'est effondrée, mais les murs ont tenu bon, les clochers ont résisté. Le lendemain de l'incendie, cette magnifique photographie dans les journaux qui nous montrait la croix lumineuse intacte dans les débris, la croix lumineuse dans le chaos. C'est la sortie des ténèbres ! La statue de Notre-Dame de Paris sur le pilier droit, toujours debout, sans une égratignure, providentiellement épargnée par l'effondrement du toit, l'orgue de Cavaillé-Coll qui participe à la louange de Dieu, intact, ainsi que les rosaces qui racontent l'Evangile en images. 

Message reçu : il nous faut reconstruire, oui, rebâtir certainement sans jamais oublier nos racines chrétiennes. Dans le mystère de ce feu vorace, brûlait la France immémoriale, la foi de nos aïeux.

France, qu'as-tu fait des promesses de ton baptême !
N'oublions pas d'où nous venons et où nous allons !

Notre-Dame de Paris, priez pour nous ! Notre-Dame de France, exaucez-nous !

 

L'abbé Patrick JOLY,
votre curé

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