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Publié par Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie

En méditant sur les textes bibliques de ce jour, deux choses ont retenu mon attention : d’abord la pensée de nos défunts, nos proches, ceux qui nous ont quittés. Ici, à l’église, nous nous sentons plus près d’eux. Même s’il nous est possible d’aller au cimetière, nous croyons que c’est surtout dans la prière, auprès du Seigneur, que nous les rencontrons. Et puis la Toussaint c’est la fête de l’espérance pour chacun de nous. Notre vie a un but. la vie du monde a un sens. Dieu nous invite, tous, au bonheur.

Jésus nous a rappelé le chemin du bonheur. Ce chemin, celui des Béatitudes, c’est celui qu’ont su parcourir tous ceux que nous fêtons aujourd’hui.

Il y a sûrement bien plus de gens que nous avons connus, des parents, des amis, des voisins, des collègues de travail. Tous les saints avaient leurs défauts, leurs faiblesses, leurs moments de révolte ou de colère. Les saints n’étaient pas parfaits mais ils nous encouragent à persévérer, à garder l’espérance et à repartir confiants sur le chemin du don de soi au Seigneur et aux autres.

Quant Jésus prononçait ces paroles : « Heureux les pauvres de coeur, heureux les doux, heureux ceux qui pardonnent », probablement avait-il devant lui des gens simples, semblables à ceux que côtoyaient Mère Térésa en Inde ou soeur Emmanuelle en Egypte.

Ils mettaient leur bonheur, non pas à s’enrichir ou à commander aux autres mais à partager, à s’entraider, à mettre en commun, d’un coeur fraternel, le peu qu’ils avaient.

« Si vous faites cela », leur dit Jésus, bravo, vous êtes sur la bonne route, continuez dans ce sens-là ! Mais n’oubliez pas que le serviteur n’est pas au-dessus de son maître. Même si l’on vous méprise, si l’on se moque de vous, si l’on nous persécute, continuez, vous deviendrez ainsi mes témoins en rayonnant autour de vous, quelque chose des Béatitudes.

Je pense à la petite Soubirous de Lourdes qui deviendra l’admirable Sainte Bernadette. Lorsqu’elle arriva à Nevers, une soeur, qui s’attendait à voir je ne sais quel genre de personne, s’écria : « Ah Bernadette, ce n’est que ça ! » » Et oui » , répondit Bernadette  « Ce n’est que ça ! »

Je pense également à cette jeune fille de Lisieux, d’une sensibilité excessive, qui deviendra Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus ! Au moment où l’on parlait de la béatifier, une des soeurs du Carmel s’est écriée : « Comment ? Mais elle n’a fait que des choses ordinaires ! »

Il suffit de jeter les yeux sur Lourdes où des millions de pèlerins se pressent, chaque année. Il faut voir la fécondité inépuisable du Carmel dans une époque comme la nôtre, du rayonnement spirituel de la petite Thérèse devenue la patronne de la mission universelle de l’Eglise pour voir les fruits qu’elles ont portés et continuent à porter.

Dans cette même ligne, je pense à ces situations dramatiques qu’ont vécu tous ces missionnaires durant ces dernières décennies en Algérie. 19 d’entre eux ont été assassinés. Parmi eux, l’évêque d’Oran, les moines de Tibhirine et les pères blancs de Tizi-Ouzou que j’ai bien connus. Souvent ils ont été calomniés, méprisés à cause de leur volonté de rester au milieu des pauvres et de tous ceux dont ils partageaient la vie. Rien ne les prédestinait au martyre. Seuls leur attachement total à Jésus et leur désir de rester en Algérie au milieu des plus vulnérables étaient la priorité de leur vie.

Dans quelques jours, le 8 décembre prochain, en la fête de l’Immaculée Conception et des 150 ans de la Fondation des pères Blancs, ces 19 missionnaires seront béatifiés en la basilique Santa Cruz à Oran.

C’est là dans le mystère du salut qui culmine dans la mort et la résurrection de Jésus, que maintenant nous pouvons voir les fruits que l’Esprit à fait naître grâce à tous ceux qui ont donné leur vie.

Conclusion : chacun doit devenir un saint mais un saint qui n’a encore jamais existé car, chaque saint, est unique dans l’Eglise. Saint Jean de la Croix nous dit « de ne pas vouloir imiter les saints car le diable ne nous ferait expier que leurs défauts ».Que le Seigneur nous donne de devenir progressivement le saint que nous devons être. C’est la seule chose qui en vaille la peine.

Frère Gabriel Muratet
Missionnaire d’Afrique
Père Blanc

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