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Publié par Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie

A l’approche des fêtes commémorant début juin, la création du diocèse de Saint-Flour, il est peut-être utile de rappeler brièvement les évènements ayant donné lieu à sa fondation en 1317 par le pape Jean XXII.

En ce début de XIVe siècle, les violences ou les pressions que faisaient subir aux cardinaux les familles romaines ennemies lors des conclaves, obligeaient parfois ces derniers à se réunir loin de la ville éternelle. Ainsi le 7 juillet  1304, le pape Benoît XI étant mort à  Pérouse, il fut impossible d’élire son successeur tant les familles Orsini, Caetani et Colonna se disputaient la tiare. Ce ne fut qu’un an plus tard le 5 juillet 1305 que fut élu Clément V, jusque là, archevêque de Bordeaux. Au vu et au su des turbulences qui régnaient alors à Rome ou dans le reste de l’Italie, le nouveau pape se fit couronner à Lyon et y séjourna quelque temps. Il alla ensuite à Bordeaux et à Poitiers d’où il suivit les affaires de l’Eglise et en particulier celle des Templiers. Il finit par demeurer  le plus longuement et jusqu’à sa mort en 1314, dans le Comtat Venaissin propriété du Saint-Siège. Après son décès, des incidents survenus lors du conclave tenu à Carpentras pour élire un nouveau pape, obligèrent les cardinaux à se disperser sans pouvoir se mettre d’accord durant deux années, tant sur le choix où aurait lieu le prochain conclave que sur le nom d’un éventuel successeur au  souverain pontife défunt.

Finalement sous la pression du roi Philippe Le Bel, ce fut à Lyon que se réunit le conclave  qui, sous la pression du roi, voire ses menaces, finit par élire le 7 août 1316, Jacques Duèze évêque d’Avignon et cardinal-archevêque de Porto qui prit le nom de Jean XXII.

Originaire de Cahors et contrairement à ce qui a été trop souvent rapporté, ce pape  n’était pas de basse extraction (ce qui n’aurait rien enlevé à ses qualités), mais de famille noble. L’une de ses sœurs Marie Duèze était l’épouse de Pierre de La Vie, baron de Villemur, lequel acheta près de chez nous, à Marie de Beaumarchais, la baronnie de Calvinet.

Ce pape décrit par ses contemporains comme frêle et maladif, et que de ce fait, les cardinaux croyaient avoir élu pour un pape de transition (tout comme son lointain successeur le bon Jean XXIII), demeura en fait 18 ans sur le siège de Saint-Pierre qu’il fixa en Avignon.

Jugé parfois autoritaire, il fut dans tous les cas un grand et énergique administrateur. Dans le midi, terre pouvant encore comporter des réminiscences de catharisme, il créa de nouveaux diocèses dont entre autres ceux de Castres aux dépens de celui d’Albi, de Vabres aux dépens de Rodez, de Sarlat aux dépens de Périgueux, de Condom aux dépens d’Agen etc. D’autres furent encore créés en démembrant ceux de Limoges, Poitiers ou Clermont dont l’immensité territoriale ou les distances rendaient difficile leur administration.

C’est ainsi que par une bulle donnée en Avignon le 7 des Ides de juillet 1317,  Jean XXII créa le nouveau diocèse de Saint-Flour en détachant de celui de Clermont, les archiprêtrés d’Aurillac, Saint-Flour, Brioude, Langeac et en partie celui de Blesle. La partie nord-ouest de l’actuel département du Cantal dont l’archiprêtré de Mauriac, demeura dans le giron du diocèse de Clermont.

Dans un premier temps, le pape proposa le nouvel évêché à l’abbé d’Aurillac, lequel déclina cette offre, préférant conserver sa ville et sa puissante abbaye placées depuis leurs origines sous la protection directe du Saint-Siège et jouissant de ce fait d’immunités qui auraient été perdues en devenant évêché.

Pour ces raisons, et devant ce refus, Jean XXII éleva l’église du prieuré clunisien de Saint-Flour au rang de cathédrale et y nomma comme premier évêque Raymond de Vehens de Monstuéjouls, lequel prit possession de son siège le 12 juillet 1318. Le nouveau diocèse, tout comme celui de Clermont demeurait suffragant de l’archevêque de Bourges, et dans les assemblées, l’évêque de Saint-Flour jouissait des mêmes honneurs et prérogatives que celui de Clermont.

Raymond de Monstuéjouls ne demeura que deux années sur le siège épiscopal de Saint-Flour, il passa en 1319 à celui de Saint-Papoul (Aude) puis fut enfin nommé cardinal en 1327.

Il est à noter que par une exception demeurée à ce jour inconnue, la paroisse de Saint-Mamet ne fut pas rattachée en 1317 au diocèse de Saint-Flour, mais demeura dans celui de Clermont.

Il est vrai qu’elle avait été rattachée à la mense capitulaire de Clermont en 1299 par l’évêque Jean III Aycelin de Montaigu, soixante quatrième évêque de Clermont. Cette situation perdura pour Saint-Mamet jusqu’à la réorganisation des diocèses français qui fit suite à la signature du concordat de 1801 entre le Pape Pie VII et Napoléon. Jusque là, les curés de Saint-Mamet avaient été nommés par l’évêque de Clermont, sur présentation de son chapitre cathédral, ce dernier étant le gros décimateur de la paroisse.

                                                                                 Lucien Gerbeau

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