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Publié par Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie

Entre consumérisme et bons sentiments, il n'est pas toujours évident de retrouver la profondeur spirituelle de Noël. Quelques idées simples peuvent pourtant aider à vivre intimement la joie proposée ce soir-là.

« L’Avent est un chemin d’attente et d’espérance vers Noël, une des fêtes les plus importantes du calendrier liturgique. » Pour le P. Paul-Marie de Brunhoff, vicaire de la paroisse Saint-Laurent, dans le 10e  arrondissement parisien, il est important de le rappeler, même aux chrétiens.

« Cela paraît évident, mais les pistes sont souvent brouillées ; la période de Noël est l’occasion de parler de ce que cette fête signifie, autour des trois venues de Jésus : l’Incarnation, sa présence dans notre vie et le retour dans la gloire. » Plusieurs éléments peuvent aider à exprimer cette démarche.

PRÉPARER LA CRÈCHE POUR SE METTRE DANS L’ATTENTE

La crèche, mise en scène de la Nativité, est une bonne façon de représenter l’histoire de la naissance de Jésus. « Début décembre, nos enfants aiment se mobiliser pour faire la crèche, qui est chaque année candidate au concours lancé par la paroisse », explique Françoise, mère de six enfants âgés de 8 à 21 ans, qui installent un grand espace dans l’entrée de la maison, ainsi que tout un village sur plusieurs niveaux.« C’est le signe que Jésus vient s’installer chez nous », explique-t-elle.

Les dimanches de l’Avent peuvent être l’occasion de visiter en famille une église où serait disposée une belle crèche et de s’y recueillir ensemble. Car cette période est un temps favorable à la redécouverte de la prière familiale. Le calendrier et la couronne de l’Avent, avec les bougies à allumer chaque dimanche, sont aussi des signes tangibles de cette attente. « Quand j’étais enfant, nous récitions le chapelet et lisions des passages bibliques évoquant la venue du Messie, se souvient Emmanuelle, 30 ans. C’est au cours de ces années que mes parents m’ont véritablement transmis le sens de l’incarnation du Christ. »

CHANTS ET SPECTACLES POUR LA VEILLÉE

Les activités autour de la thématique de la Nativité permettent de « ne pas perdre de vue l’essentiel pour ne pas se calquer sur le Noël marchand »,souligne le P. de Brunhoff.

« Avec mes frères, sœurs et cousins, nous attendions la veillée de Noël de longues semaines à l’avance, pas seulement pour les cadeaux, et c’est toujours le cas », raconte Cécile, issue d’une grande fratrie. « Chacun prépare quelque chose, une saynète, un chant, un jeu, explique-t-elle, et après la messe, on chante tous ensemble, à plusieurs voix, les grands classiques : Il est né le divin enfant, Les Anges dans nos campagnes. ». « La messe de minuit reste le cœur de Noël, mais dans certaines familles, il n’est pas évident de composer avec toutes les sensibilités… Il faut parfois de la patience et diplomatie, mais cette célébration doit rester au centre des festivités », ajoute Cécile.

Cette période peut être l’occasion au niveau des paroisses et des diocèses « d’évangéliser » en parlant du sens de Noël autour de soi. À Strasbourg, connue pour son marché de Noël, l’aumônerie étudiante a ainsi lancé l’initiative « Moins de marché, plus de Noël ». Et les prêtres dans leurs homélies encouragent tout particulièrement les fidèles à témoigner de ce que l’on fête à ce moment de l’année.

PASSER UN NOËL SOLIDAIRE

Noël est la fête de la famille et du partage par excellence pour tous, croyants et non croyants. C’est ainsi l’occasion pour les parents de rappeler à leurs enfants l’importance de l’attention envers son prochain.« On peut les encourager à faire de petites “bonnes actions” pendant l’Avent, en essayant de faire comprendre qu’il s’agit d’un temps de retour à Dieu, mais aussi d’attente joyeuse », détaille Françoise.

Chaque année, elle invite à la table commune des personnes extérieures à la famille, « dans un esprit d’ouverture » : un prêtre âgé, une voisine un peu seule, un ami ou l’autre des enfants, « qui n’ont peut-être pas l’occasion de passer un Noël très gai ou qui ne sont pas de tradition chrétienne ».

Ainsi, dans cette période d’abondance, ouvrir sa table a une portée particulière. Certaines familles prévoient « la place du pauvre » pour quiconque débarquerait à l’improviste. Dans cet esprit, les initiatives solidaires sont nombreuses, à commencer par les réveillons organisés par les petits frères des Pauvres, qui recrutent chaque année de nombreux bénévoles de tous âges.

PLUS DE GRATUITÉ DANS LES CADEAUX

« Pour moi, retrouver le sens de Noël, c’est aussi ne pas appuyer sur la figure du Père Noël avec mes enfants… Ce qui n’est pas toujours facile, à cause de l’école », pointe encore Françoise.

Les cadeaux peuvent être la manifestation par excellence du consumérisme qui entoure la fête de Noël. Mais ils peuvent aussi être une forme d’attention particulière et l’occasion de revenir sur le sens de s’offrir des présents. « La symbolique du don est très forte à Noël, les cadeaux sont l’occasion de redire la joie de la venue de Jésus comme don du Père, même si beaucoup ont perdu de vue cette signification, note Anne-Marie ­Saunal, psychologue et psychanalyste chrétienne. Ils représentent aussi les cadeaux que nous sommes les uns pour les autres, la joie d’être ensemble. »

« Nous sommes quatre sœurs, et lorsque nous étions plus jeunes, nous tirions chacune au sort le nom de l’une d’entre nous au début de l’Avent : nous avions ensuite pour mission de prier particulièrement pour elle tout au long de cette période, et de lui faire un petit cadeau au jour J », raconte Emmanuelle. Si un jour elle a des enfants, la jeune femme souhaite perpétuer cette tradition : « Elle m’a notamment appris à passer outre mes petites disputes passagères avec l’une ou l’autre. » Un budget limité et l’attention à une seule personne peuvent ainsi aider à aborder différemment la recherche d’un présent, plus personnalisé, davantage porteur de sens.

Source : Journal La Croix

Redonnons du sens à Noël !

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