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Publié par Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie

Ce dimanche 6 septembre, aura lieu le traditionnel pèlerinage à Notre Dame de Grâce à la chapelle du Bourniou sur la commune de Roumégoux située au bord de la route départementale reliant le Cantal au Lot (célébration eucharistique à 10h30).

Pourquoi un pèlerinage à Notre Dame de Grâce ?

C’est à la chapelle du Bourniou qu’est né il y a plus de 11 siècles, un grand pèlerinage en rapport avec le comte d’Aurillac, saint Géraud.

La tradition nous apprend que saint Géraud serait mort à Saint-Cirgues dans le Lot, en l’an 920. Désireux de reposer dans son abbaye à Aurillac, sa dépouille fut ramenée à pied. En chemin, les porteurs s’arrêtèrent pour changer le voile poussiéreux qui recouvrait le corps. Ils en profitèrent pour chercher à se désaltérer mais ne trouvèrent aucune source aux alentours.

En revenant vers le lieu où ils avaient laissé la dépouille de Géraud, quel ne fût pas leur grand étonnement de constater qu’une fontaine avait jailli sous le cercueil. Une autre tradition dit qu’une des mules qui portaient ceux qui accompagnaient le corps de saint Géraud grattant le sol de son pied parce qu’elle avait soif, laissa l’empreinte de son fer sur une pierre. L’empreinte serait encore visible, là où sort la source dans le bassin.

Les habitants comprirent que le lieu avait été sanctifié, et ils s’empressèrent d’y construire un premier oratoire, dédié à la reine de tous les saints sous le titre de Notre Dame de Grâce. Cet oratoire tombant en ruine, il fut remplacé par une chapelle à la fin du XVIIe siècle, à l’initiative de Marguerite de Barriac, femme de François de Scorailles et veuve de celui-ci en 1630. On l’appelait la chapelle de la dame. Après le décès de son époux, celle-ci demeura dans le château de Roumégoux en percevant les revenus de sa seigneurie qu’elle avait hérité de son père, Pierre de Barriac. Sa fille la précéda dans la tombe et en 1690, elle fit reconstruire la chapelle du Bourniou, dédiée à Notre-Dame de Grâce pour laquelle elle avait une grande dévotion. À la Révolution, la chapelle fut rachetée par un habitant de la commune, M. Besairie, en 1798, qui la restitua à la commune en 1804. La chapelle fut rendue au culte en 1807. Vers 1830, elle était de nouveau en mauvais état et le curé Yzoulet fit faire plusieurs restaurations. Il fait faire un plancher en 1833, et finalement reprend toute la chapelle en 1834 et 35. La bénédiction de la chapelle restaurée eut lieu en 1836.

C’est le curé Muratet qui effectua un second agrandissement en 1858, puis le curé Mathieu qui en 1881, fit construire un nouveau chœur et une sacristie, puis un nouveau clocher en 1886 afin de remplacer le clocheton. Chaque campagne de travaux fut financée par les dons des paroissiens. Les registres de paroisse mentionnent que les artisans eux-mêmes offrirent des « croisées », ou des éléments du bâti comme les charpentiers Germain et Frédéric Lafon de Roumégoux, qui firent gracieusement le travail de charpente ainsi que les maçons Jean et Etienne Mons de Parlan qui firent don « d’un angle du clocher ». Plusieurs essences d’arbres furent plantées par le curé pour l’embellissement des alentours de la chapelle. La chapelle était ornée d’une antique statue de la Vierge d’origine inconnue mais dotée d’une légende à la fois classique et originale : elle aurait été découverte miraculeusement par des bergers qui avaient soulevé le chaume d’une ruche pour en extraire le miel. De cette légende pourrait venir le nom Bourgnioux (ruche à miel en patois). Les habitants du mas del Bos emportèrent la statue chez eux mais à deux reprises la statue disparut et fut retrouvée à la même place, ce qui les incita à la déposer à la chapelle du Bourniou. Les abeilles se plaisaient particulièrement sur ce plateau du fait de la présence de fleurs de brousse.

Les pèlerinages se sont succédés et amplifiés au point que le pape Grégoire XVI, sur demande de Monseigneur de Marguerye, évêque de Saint-Flour, accorda à la chapelle de nombreuses indulgences, dont l’indulgence plénière du second dimanche de septembre. Et c’est toujours le premier, le second ou le troisième dimanche (en fonction de l’agenda) qui réunit aujourd’hui les paroissiens du secteur et même des contrées voisines, Ségala et Quercy. La fontaine fut réparée et couverte en 1902 à l’initiative de Mgr Lecoeur. Aujourd’hui encore on s’arrête pour se désaltérer à la fontaine de Saint Géraud, ou pour recueillir son eau. La chapelle est très fréquentée au vu des nombreux cierges qui sont brûlés tout au long de l'année.

Notre Dame de Grâce a parfois été un point de rencontre estival entre le Cardinal Marty, archevêque de Paris et Monseigneur Maziers, archevêque de Bordeaux, selon l'abbé Delbac, ancien curé du Rouget.

Pèlerinage à Notre Dame de Grâce - Le Bourniou

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