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Publié par Paroisse Saint Laurent en Châtaigneraie

Jour de passage entre le Vendredi Saint et le dimanche de Pâques, le Samedi Saint est célébré par l’Église comme le jour du silence de Dieu. Dieu est silence. Saint Jean de le Croix, le grand mystique espagnol, a contemplé dans le silence du carmel l’Amour silencieux de la Trinité : « Le Père n’a dit qu’une parole : son Fils. Il la dit toujours dans le silence, un silence sans fin. C’est dans le silence qu’elle peut être entendue. »

Par ailleurs, le silence du Samedi Saint nous renvoie à tous les moments tragiques de notre histoire où Dieu semble se taire dans un silence incompréhensible tandis que des cris jaillis de notre âme montent vers Celui qui peut nous sauver : silence de Dieu au cours des maladies, des accidents, des injustices et en dernier lieu de la mort.

La liturgie l’office des Lectures reprend en ce jour de deuil une homélie ancienne pour le grand et saint Samedi : « Aujourd’hui grand silence sur la terre ; grand silence et ensuite solitude parce que le Roi sommeille. »

La mort de Jésus de Nazareth, Roi des Juifs, comme l’indiquait sur le poteau de la croix l’écriteau rédigé par Pilate, est comparée au sommeil dans les profondeurs de la terre. Enseveli, le Fils de Dieu fait homme attend l’Esprit-Saint, Amour silencieux du Père et du Fils, que le Père va envoyer pour le relever de la mort au troisième Jour. En tant qu’homme, Jésus le Christ a attendu la résurrection comme les hommes croyants l’attendent au moment de leur décès. Jésus le Christ a attendu l’Esprit-Saint en mettant sa confiance dans le Père : « Père, en tes mains je remets mon esprit » (Lc 23,46).

Lors de la création du monde en six jours, Dieu s’était reposé le septième jour, origine du sabbat, jour de repos en Dieu et à l’exemple du Créateur. Le Samedi Saint, jour de repos, « tout est accompli » (Jn 19,30).

Dans les enfers

La liturgie du Samedi saint célèbre aussi la descente du Christ aux enfers : « Il est allé prêcher même aux esprits en prison » (Première épître de saint Pierre, 3,19). Dans le silence tragique de la mort de ce Samedi Saint, l’Église se réjouit déjà de la rencontre du Christ avec les captifs de la mort symbolisés par Adam et Ève. Une belle icône orientale offre à nos yeux ce grand mystère de la résurrection du Christ qui prend par la main Adam et Ève qui représentent tous les défunts qui ont attendu la venue du Messie, pour les relever des ténèbres et les placer à la droite de son Père. Jésus ne ressuscite pas seul.

Sur la terre

Alors que la dépouille mortelle de Jésus repose dans le tombeau offert par Joseph d’Arimathie, membre du Conseil, homme droit et juste, la Vierge Marie attend dans la foi la résurrection de son Fils.

Le Samedi Saint représente un passage difficile entre les ténèbres du Calvaire et la lumière de la Nuit pascale. La Vierge Marie veille en ce samedi méditant dans son cœur les paroles et les événements du fruit béni de ses entrailles, Jésus. C’est pourquoi la liturgie catholique aime à faire mémoire de la foi de la Vierge Marie précisément le samedi, jour de « passage », temps de l’attente dans l’espérance, afin d’inviter les chrétiens à imiter la foi de la Mère de Dieu, qui est aussi la foi de l’Église. Proche de nous, la Vierge Marie intercède pour les hommes dans les passages douloureux de leur existence.

Marie est aussi celle qui prépare les venues du Seigneur dans l’Évangile : Annonciation, Noël, Cana, Calvaire et Cénacle lors de la Pentecôte. Femme de désir, habitée par la Parole révélée à Israël, Marie vit tournée vers Dieu, disponible comme l’humble servante du Seigneur.

Aujourd’hui elle prépare par sa prière maternelle la venue du Christ glorieux à la fin des temps lors du Jugement dernier. Elle désire aussi que le Christ vienne maintenant inonder nos cœurs de la lumière de sa Résurrection.

Le Samedi Saint, les cloches des églises se taisent. Puissions-nous consacrer du temps à l’adoration silencieuse du Christ Jésus en méditant dans notre cœur l’Évangile à l’exemple de la Vierge Marie.

Le grand silence de Dieu...

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